Une guerre hybride qui s’internationalise, les services de sécurité rwandais ont établi des listes noires de Banyamulenge pro Tshisekedi
L’ombre de la guerre entre la RDC et le Rwanda, alimentée par le M23, s’étend bien au-delà des frontières de ces deux nations.
Au cœur de cette lutte complexe se trouve la communauté banyamulenge, une population congolaise disséminée à travers le monde, qui se retrouve prise dans un étau entre les services de renseignement rwandais et les manœuvres politiques de Kinshasa.
Des rapports indiquent que les services de sécurité rwandais ont établi des listes noires de Banyamulenge vivant en Europe et en Amérique, qualifiés de « vendus » pour leur proximité supposée avec le régime Tshisekedi. Ces individus font l’objet de pressions, de menaces, voire d’attaques ciblées. Plusieurs témoignages évoquent des intimidations téléphoniques, des cyberharcèlements et des cas d’agressions physiques.
La traque des Banyamulenge hostiles à Kigali
Les services de renseignement rwandais, réputés pour leur efficacité redoutable, ont mis en place un réseau de surveillance sophistiqué pour traquer les Banyamulenge de la diaspora considérés comme hostiles au régime de Kigali. Cette traque s’étend de l’Europe à l’Amérique, où des individus sont surveillés, harcelés et parfois menacés dans le but de les réduire au silence.
Kinshasa et la division de la diaspora banyamulenge
Selon Kigali, dans une tentative de contrer l’influence du M23 et de rallier des soutiens, le gouvernement de Kinshasa a entrepris de diviser la diaspora banyamulenge. Des personnalités influentes, telles qu’Alexis Gisaro Muvunyi, ministre de l’Infrastructure, et le lieutenant-général Pacifique Masunzu, sont utilisées pour convaincre les Banyamulenge de la diaspora de soutenir le président Tshisekedi.
– **Création de Groupes Concurrentiels** : Des factions comme la **Banyamulenge Community Association (BACA)** et la **Banyamulenge Community in the UK (BACU)** ont vu le jour, exacerbant les divisions au sein de la diaspora.
Des accusations de trahison et de corruption
Certains Banyamulenge de la diaspora sont accusés de trahison et de corruption. Des noms sont cités, tels que Nyirazo Félix en Allemagne, Muragizi Kinwa Mufahaya en Norvège, et le pasteur Ruganza Emmanuel en Angleterre. Ces individus sont accusés de collaborer avec Kinshasa.
La guerre de l’information et la manipulation des jeunes
Une guerre de l’information fait rage, avec des accusations de manipulation des jeunes Banyamulenge de la diaspora. Des pasteurs et des leaders communautaires sont accusés de diffuser de fausses informations et d’inciter les jeunes à soutenir le régime de Kinshasa.
La situation sur le terrain en RDC
Pendant ce temps, sur le terrain en RDC, la situation reste explosive. Les affrontements entre le M23/RDF et les forces gouvernementales congolaises se poursuivent.
La stratégie de Kinshasa : instrumentaliser la diaspora
Selon le gouvernement rwandais, des fonds sont acheminés vers certains membres influents de la diaspora pour les inciter à rallier d’autres Banyamulenge à la cause congolaise. L’objectif : affaiblir le soutien financier et logistique au M23 et aux groupes d’autodéfense comme le MRDP-Twirwaneho.
Des divisions manipulées, des vies en danger
Cette guerre d’influence a exacerbé les fractures au sein de la communauté banyamulenge. En Europe, notamment au Royaume-Uni, des associations se déchirent entre pro-Kigali et pro-Kinshasa. Des pasteurs et leaders communautaires, comme le révérend Ruganza Emmanuel ou Bihonzi Rutambwe, sont accusés de manipuler les jeunes et de détourner des fonds vers des milices congolaises.
*(Cet article est une synthèse d’enquêtes et de témoignages. Certains noms ont été modifiés pour des raisons de sécurité.)*
Avec Igihe