Map depicting the area of Musanze /Ruhengeri (Rwanda), near the border with DRC and Uganda, directly opposite from Tchanzu (DRC) and in proximity to Bunagana (Uganda)
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Le recrutement d’enfants par le M23 en République démocratique du Congo (RDC) a pris une ampleur inquiétante ces derniers mois, selon de multiples sources, dont certains anciens combattants du M23. Des témoignages font état de méthodes de recrutement violentes et trompeuses, où les recrues, y compris des mineurs, se voyaient promettre des sommes d’argent en échange de leur adhésion au M23, mais sans jamais recevoir ces paiements. La plupart des enfants ont été recrutés de force.

Un ancien combattant du M23 a rapporté qu’un grand nombre de recrues hutues, dont des mineurs, ont été emmenées pour une formation à Tchanzu en 2023. De plus, le M23 aurait entraîné 450 autorités locales et dirigeants communautaires dans la Chefferie de Bwisha, les envoyant à Tchanzu pour y être formés. Des images aériennes prises à Tchanzu ont montré des entraînements en cours impliquant des groupes d’hommes en civil.

Les campagnes de sensibilisation menées par le M23 ont contraint les autorités locales à mobiliser les jeunes hommes pour rejoindre leurs rangs, fixant même des quotas minimum de recrutement. Des témoins ont signalé que des jeunes hommes ont fui leurs villages par crainte d’être enrôlés de force dans le M23. Les campagnes de sensibilisation se poursuivent dans plusieurs régions depuis janvier 2024, avec un accent sur le recrutement forcé et la formation idéologique et militaire des recrues.

Face à ces pratiques, les acteurs de la société civile et les Forces Armées de la RDC (FARDC) ont publiquement condamné le recrutement systématique et forcé, notamment d’enfants, mené par le M23. Des mesures ont été prises pour alerter sur cette situation préoccupante.

Le président du M23 a récemment pris des décisions visant à renforcer les activités politiques du mouvement, notamment en nommant des responsables pour le département de mobilisation et de formation idéologique. Cependant, les pratiques de recrutement forcé et les campagnes de sensibilisation du M23 continuent malgré les condamnations et les alertes émises par la société civile et les autorités compétentes.

Recrutement d’enfants par des officiers des RDF dans les camps de réfugiés au Rwanda

Des révélations troublantes ont émergé concernant le recrutement d’enfants par des officiers des Forces de Défense Rwandaises (RDF) dans les camps de réfugiés au Rwanda. Selon un ancien officier du RDF interrogé, le recrutement se déroule sous la supervision d’agents du renseignement RDF formés, chargés de sélectionner les candidats à recruter. Ce processus, mené en secret, contraint les familles à garder le silence, sous peine de sanctions, même si elles sont au courant du recrutement. Les recruteurs vont jusqu’à confisquer les téléphones des recrues et leur interdire l’accès aux réseaux sociaux.

Les témoignages poignants d’enfants recrutés par le RDF au Rwanda dépeignent un programme de recrutement troublant et des trajets illégaux vers le Rwanda. Cinq enfants âgés de 14 à 17 ans ont partagé leur expérience, ayant été recrutés dans les camps de réfugiés de Mahama et Gisigara. Ils ont décrit avoir été emmenés en camionnettes noires par des hommes rwandais, en réalité des militaires en civil, vers Tchanzu pour y recevoir une formation. Ces enfants ont également rapporté avoir rencontré d’autres recrues forcées, dont certains n’avaient que 10 ans.

Trois enfants, dont deux recrutés à Gisagara et un à Mahama, ont affirmé avoir été conduits à la frontière entre le Rwanda et la RDC, puis emmenés à pied vers Tchanzu depuis Musanze (ou Ruhengeri), une localité située en face de Tchanzu de l’autre côté de la frontière. Cette proximité géographique souligne les liens entre les deux régions et met en lumière l’existence de sentiers reliant Tchanzu au Rwanda, utilisés tant par le M23 que par le RDF.

Ces révélations soulèvent des préoccupations majeures quant au recrutement d’enfants dans les camps de réfugiés au Rwanda et mettent en lumière la nécessité d’une action urgente pour protéger ces jeunes vulnérables contre l’exploitation et les abus.

 

Rapport des experts des Nations unies

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