Rwanda – RDC : un nouveau round décisif de pourparlers pour éradiquer les FDLR

À l’aube d’une étape cruciale dans la mise en œuvre du processus de paix de Washington, des envoyés rwandais et congolais se sont retrouvés pour la quatrième réunion du Conseil conjoint de sécurité (JSCM). Au centre des discussions : la deuxième phase des opérations visant à neutraliser définitivement les FDLR.

Un suivi rigoureux de l’accord signé à Washington

Réunis le 21 novembre 2025, les délégués des deux pays ont évalué l’exécution du pacte de sécurité signé le 27 juin 2025, soutenu par Washington.
Massad Boulos, conseiller présidentiel américain pour les affaires africaines, a indiqué que le Rwanda et la RDC ont confirmé leur volonté politique d’avancer ensemble, en conformité avec le Concept d’Opérations (CONOPS) adopté par leurs services de renseignement.

Selon lui, les États ont passé en revue les réalisations de la phase initiale et ouvert la voie à la seconde, focalisée sur :

  • la destruction des FDLR,
  • la levée progressive des mesures sécuritaires rwandaises,
  • la restauration d’un climat de confiance entre les deux voisins.

Un processus multilatéral sous supervision africaine

Les pourparlers ont rassemblé des représentants du Rwanda, de la RDC, mais aussi du Qatar et du Togo, ce dernier jouant le rôle de médiateur désigné par l’Union africaine.
L’UA et la Commission de l’UA suivent ce dossier de près, déterminées à ramener la stabilité dans l’Est de la RDC avant la fin de 2025, comme prévu dans le calendrier initial.

CONOPS : le cœur technique de l’accord

Adoptés en Angola en octobre 2024 par les renseignements des deux pays, les CONOPS constituent la matrice opérationnelle du démantèlement des FDLR.

Ils définissent clairement les responsabilités des deux nations :

Côté RDC :

  • démanteler les FDLR et faciliter le retour de leurs combattants au Rwanda ;
  • rétablir l’ordre dans les zones affectées ;
  • organiser le retour des déplacés internes et des réfugiés.

Côté Rwanda :

  • lever les mesures sécuritaires instaurées aux frontières ;
  • poursuivre la politique de réinsertion des ex-combattants FDLR, engagée depuis plus de 25 ans.

Un compte à rebours déjà lancé

Contrairement à une interprétation courante, les 90 jours prévus pour détruire les FDLR n’ont pas commencé le jour de la signature de l’accord, mais à partir de la première réunion du JSCM en août 2025.
Ce délai marque une étape décisive, car la neutralisation des FDLR est l’un des piliers majeurs du pacte de Washington.

Si cet objectif est atteint, il s’agira d’un tournant majeur dans l’histoire des relations entre Kigali et Kinshasa, ouvrant la voie à une sécurité durable dans l’Est de la RDC.

Avec Igihe

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