Formule 1 : Amnesty International dénonce un projet de « sportwashing » au Rwanda

Trente-trois ans après la dernière course organisée sur le sol africain en Afrique du Sud, la Formule 1 s’apprête à faire son grand retour sur le continent. Mardi 13 octobre, la F1 a en effet officialisé un accord de dix ans avec le Rwanda pour la tenue d’un Grand Prix à compter de 2030. La compétition se déroulera sur un tout nouveau circuit à construire à proximité d’un futur aéroport, au sud de Kigali.

Cependant, cette annonce historique suscite de vives tensions. Dès le lendemain, l’organisation de défense des droits humains Amnesty International est montée au créneau pour accuser la Formule 1 de participer activement à une opération de « sportwashing » en faveur du régime de Paul Kagame.

Redorer l’image du pays par le sport

Selon Felix Jakens, responsable des campagnes pour Amnesty UK, cet accord sert de « trophée de sportwashing » aux autorités rwandaises. L’objectif pointé par l’organisation est d’utiliser le rayonnement international de la discipline reine du sport automobile pour masquer un bilan dramatique :

  • Des atteintes répétées aux libertés fondamentales : Amnesty dénonce la persistance de détentions arbitraires, le recours à la torture et la répression ciblée de la liberté d’expression dans le pays.
  • Une stratégie de communication globale : L’accueil du Grand Prix s’inscrit dans une politique d’investissement massif dans le sport mondial, incarnée par la marque Visit Rwanda, déjà sponsor de clubs majeurs comme le PSG ou de grands événements comme les Championnats du monde de cyclisme sur route 2025.

Alors que les infrastructures restent à bâtir, l’arrivée de la Formule 1 à Kigali s’annonce d’ores et déjà comme un sujet aussi politique que sportif.

Avec OF

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