L’accord sanitaire entre USA et la RDC exige que le Congo partage avec les américains des données médicales pathogènes qui pourraient être utilisées par des sociétés de biotechnologie américaines pour développer des vaccins

Africa Intelligence a eu accès au protocole d’accord conclu en février entre l’administration de Donald Trump et l’exécutif de Félix Tshisekedi. S’il vise à renforcer le système de santé congolais, cet accord pourrait bénéficier aux sociétés de biotechnologie américaines.

 L’accord sanitaire de 1,2 milliard de dollars entre Washington et la République démocratique du Congo (RDC) contient des clauses restrictives qui confèrent aux États-Unis un contrôle important sur les données médicales et pathogènes de la RDC .

Bien qu’officiellement conçu pour lutter contre des maladies comme le VIH/SIDA et le paludisme, des rapports d’enquête d’Africa Intelligence révèlent que le pacte contient des clauses restrictives « cachées » qui conditionnent le financement de la santé à la sécurité nationale américaine, à l’accès aux ressources minières et à la souveraineté des données médicales .

Partage obligatoire avec les USA des échantillons physiques et des données génétiques de tout agent pathogène détecté présentant un potentiel épidémique dans les cinq jours suivant sa découverte

Deux des trois accords signés imposent explicitement le partage des ressources biologiques.La RDC doit partager les échantillons physiques et les données de séquençage génétique de tout agent pathogène détecté présentant un potentiel épidémique dans les cinq jours suivant sa découvertes. Cet accord, signé le 26 février 2026, s’inscrit dans le cadre d’une stratégie mondiale de santé plus vaste, dite « L’Amérique d’abord », qui, selon ses détracteurs, privilégie les intérêts commerciaux américains au détriment de la souveraineté sanitaire africaine.

L’accord stipule explicitement que le respect par la RDC de cet accord bilatéral ne doit pas être compromis par d’autres accords multilatéraux ou de l’OMS.

La controverse porte sur plusieurs clauses « cachées » ou restrictives figurant dans le protocole d’accord .  L’accord exige que la RDC partage rapidement avec Washington des données génomiques et pathogènes sensibles. Ces données pourraient être utilisées par des entreprises privées américaines pour développer des vaccins et des outils de diagnostic.

 Bien que les entreprises de biotechnologie américaines puissent tirer profit des produits développés à partir de ces données, l’accord ne garantit pas à la RDC un accès équitable à ces outils médicaux ni une part des retombées financières.parallèlement, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) s’inquiètent du fait que de tels accords bilatéraux compromettent en réalité le contrôle local sur les ressources biologiques.

La RDC n’est pas le seul pays à s’opposer à ces accords d’« échange inégal » :

Zimbabwe : s’est retiré d’un accord bilatéral de santé similaire de 367 millions de dollars avec les États-Unis en février 2026, invoquant des préoccupations liées au partage de données sensibles.

Zambie : a récemment remis en question certaines dispositions de son accord de santé avec Washington pour des raisons similaires.

Kenya : un accord de financement de la santé d’une valeur de 1,6 milliard de dollars a été suspendu par un tribunal kényan fin 2025 en raison de préoccupations concernant la sécurité et la propriété des données de santé des citoyens.

Aimé Binda

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