Le Conseil National de Sécurité (CNS) de la RDC a convoqué la direction de Glencore pour répondre aux accusations de « fraude à l’assurance » évaluée à 108,5 millions de USD hors pénalités

Entre le Conseil national de sécurité et le ministère des finances, le litige fiscal opposant la RDC au groupe suisse cristallise des tensions institutionnelles. En jeu : un contentieux lié à des fraudes d’assurance présumées, désormais évalué à 108,5 millions de dollars, hors pénalités, a rapporté Africa Intelligence.

Le bras de fer fiscal entre le géant suisse Glencore et la République Démocratique du Congo (RDC) a atteint une phase critique en ce début d’année 2026, marquée par des redressements records et des pressions géopolitiques croissantes.

Des redressements fiscaux massifs
Le gouvernement de Kinshasa, via la Direction Générale des Impôts (DGI) et l’Inspection Générale des Finances (IGF), a notifié Glencore en avril 2025 d’un redressement fiscal colossal de 4,7 milliards de dollars.


Kamoto Copper Company (KCC) : Réclame de 3 milliards de dollars pour les exercices 2022-2023.
Mutanda Mining (MUMI) : Réclame de 1,7 milliard de dollars.
Notons que Les autorités accusent le groupe de « fraude fiscale » par la sous-déclaration délibérée de ses résultats financiers pour minimiser son imposition.


Outre la fiscalité minière, le Conseil National de Sécurité (CNS) de la RDC a convoqué la direction de Glencore le 4 février 2026 pour répondre d’accusations de « fraude à l’assurance ». Glencore aurait assuré ses activités à l’étranger entre 2007 et 2018, contournant l’obligation légale de souscrire auprès de la Sonas (assureur étatique congolais).
Ces faits pourraient être requalifiés en « blanchiment de capitaux », entraînant des amendes supplémentaires de plusieurs centaines de millions de dollars.


La DGRAD (Direction générale des recettes administratives) réclame également 895 millions de dollars de redevances impayées. Pour contraindre le groupe au paiement, les autorités ont brièvement gelé des comptes bancaires et saisi un entrepôt de KCC à Kolwezi en septembre 2024 avant sa réouverture rapide.

Désengagement partiel et géopolitique

Face à cette pression, Glencore semble opérer un virage stratégique.
Début février 2026, Glencore a annoncé la vente d’une participation minoritaire dans ses actifs congolais (évalués globalement à 9 milliards $) au consortium américain Orion Critical Minerals Consortium.


Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’accord de partenariat stratégique USA-RDC, visant à diluer l’influence chinoise dans le secteur des minerais critiques tout en offrant une protection politique à Glencore via ses nouveaux partenaires occidentaux.


Le conflit actuel s’inscrit dans une suite de litiges :
En août 2024, Glencore a été condamné par la justice suisse à payer 152 millions de dollars pour n’avoir pas empêché la corruption d’agents publics en RDC via l’homme d’affaires Dan Gertler en 2011.
En 2022, un accord de 180 millions de dollars avait été signé avec Kinshasa pour couvrir les litiges de corruption passés (2007-2018), mais cet accord n’a pas empêché les nouveaux redressements fiscaux basés sur les revenus de 2022-2023.

Aimé Binda

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