Le rôle de la CIA dans le succès de l’opération menée par les États-Unis à Caracas début janvier marque le retour en grâce de l’agence auprès d’un président qui, lors de son premier mandat, avait manifesté de la défiance envers les acteurs du renseignement.
La CIA a regagné la confiance de Donald Trump en 2025-2026 grâce à une réorientation stratégique majeure menée par son nouveau directeur, John Ratcliffe, et à des succès opérationnels tangibles au Venezuela. Sous l’impulsion de Ratcliffe, la CIA a créé un nouveau centre de mission dédié aux Amériques et à la lutte contre le narcotrafic.Ratcliffe a instauré une culture moins aversé au risque, privilégiant l’action clandestine et le renseignement humain (HUMINT). Un nouveau « Americas and Counternarcotics Mission Center » a été créé pour coordonner la lutte contre le narcotrafic et l’instabilité en Amérique latine, des thèmes chers à l’administration Trump.
Ratcliffe s’est imposé comme le principal conseiller en renseignement, éclipsant la directrice du renseignement national (DNI), Tulsi Gabbard, au sein du cercle rapproché du président
L’Opération « Absolute Resolve »
La CIA a joué un rôle crucial dans la planification de cette mission qui a mené à la capture de Nicolás Maduro le 2 janvier 2026. L’agence a utilisé des informations provenant d’une taupe infiltrée au cœur du pouvoir vénézuélien pour faciliter cette « extraction judiciaire ».
Contrairement au soutien de la première administration Trump à l’opposition de Juan Guaidó (jugée décevante), la CIA a conseillé à Trump de ne pas installer l’opposante María Corina Machado au pouvoir. L’agence a produit une évaluation confidentielle prévenant que Machado ne contrôlerait pas l’armée et risquait de provoquer une guerre civile.
En s’appuyant sur les analyses de la CIA, Trump a choisi de travailler avec des figures du régime comme la vice-présidente Delcy Rodríguez pour assurer une stabilité à court terme, une décision qui s’aligne sur la volonté du président d’éviter des « guerres éternelles » de reconstruction démocratique.
La CIA a soutenu l’idée que les opérations permettraient aux entreprises américaines de récupérer les infrastructures pétrolières « volées » par le régime chaviste, un argument qui a particulièrement séduit Trump.
Raphael ramos