‎Scandale à l’OCC : Julien Paluku initie une action disciplinaire contre le DG pour une fraude présumée de 25 millions USD


Kinshasa, le 28 janvier 2026 – Le climat est à l’orage entre le Ministère du Commerce Extérieur et la direction de l’Office Congolais de Contrôle (OCC). Dans une correspondance officielle incendiaire datée de ce jour, le Ministre Julien Paluku Kahongya a annoncé l’ouverture d’une action disciplinaire à l’encontre du Directeur Général de l’OCC, citant des « fautes de gestion lourdes », une « insubordination » caractérisée et la « mise en péril des intérêts de l’office ».

Le document, d’une gravité exceptionnelle, détaille un système de fraude organisé et une gestion des ressources humaines calamiteuse, ayant causé un préjudice financier majeur au Trésor public.

Un « crime économique » chiffré à 25 millions de dollars

Le point le plus accablant de la lettre du Ministre concerne la découverte d’un « système de fraude technologique organisé ». Selon les griefs retenus, une administration informatique parallèle aurait été instaurée pour la gestion du contrôle des importations, fonctionnant en marge des protocoles officiels.
‎Ce système opaque, particulièrement actif à la Direction Provinciale de Matadi et en cours de déploiement dans l’espace Katanga, aurait permis la duplication et l’utilisation frauduleuse d’attestations de vérification (BIVAC BV).

Le bilan financier dressé par le Ministre est lourd :
‎ * Un manque à gagner évalué à plus de 25 000 000 USD (Vingt-cinq millions de dollars américains) rien que pour l’exercice 2025.
‎ * Environ 6 640 dossiers concernés par ces fausses attestations, dont 87 % localisés à Matadi.
‎Julien Paluku n’hésite pas à qualifier ces actes de « crime économique contre l’Office et, par extension, contre le Trésor Public ».

Insubordination et recrutements « budgétivores »

‎Outre la fraude financière, le Directeur Général est accusé d’une gestion irresponsable des ressources humaines.
‎Alors que l’OCC traverse des difficultés chroniques pour payer les salaires de son personnel — créant un climat social délétère — la direction aurait procédé à des « engagements massifs » et des « promotions de grades frauduleuses ».

‎Le Ministre souligne que ces actes ont été posés au mépris des instructions formelles d’austérité et d’une lettre datée du 18 septembre 2025 interdisant tout recrutement sans autorisation préalable.
‎Cette inflation de la masse salariale est jugée « budgétivore » et contraire à toute logique administrative.

Un ultimatum de 20 jours

Face à ce tableau sombre, le Ministre du Commerce Extérieur a enjoint le Directeur Général de fournir des explications écrites et documentées dans un délai de 20 jours. Le DG devra répondre à trois questions précises :
‎ * Quelle est la logique administrative derrière ces recrutements coûteux malgré l’interdiction formelle ?
‎ * Qui sont les concepteurs et administrateurs du système informatique parallèle identifié à Matadi et au Haut-Katanga ?
‎ * Comment justifier l’évaporation des recettes dues aux fausses attestations sous sa supervision directe ?
‎La lettre, dont copie a été transmise à la Présidence de la République et à la Première Ministre, marque un tournant décisif dans la gouvernance des entreprises publiques sous tutelle. L’issue de cette procédure disciplinaire pourrait avoir des conséquences majeures pour la tête de l’OCC.

‎Aimé Binda


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