L’interprète de l’Ofpra travaillait pour le renseignement rwandais.
Le 20 mars 2026, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la demande de nationalité française d’un ressortissant rwandais qui travaillait comme interprète pour l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et des apatrides).
Cette décision s’appuie fortement sur une note blanche de la DGSI (Direction générale du renseignement intérieur français ), datée de septembre 2024.
La note blanche révélait que l’intéressé avait utilisé sa position à l’OFPRA pour mener des missions pour le compte du Service national de renseignement et de sécurité (NISS) du Rwanda.
Son rôle lui conférait un accès privilégié à des informations sensibles concernant les demandeurs d’asile rwandais – des personnes qu’il était officiellement chargé d’assister – dont beaucoup étaient des dissidents ou des opposants politiques au gouvernement de Kigali.Les données recueillies étaient transmises aux services de renseignement rwandais pour surveiller et potentiellement réprimer des opposants en exil.
La note blanche indique qu’il a été un agent actif des services de renseignement rwandais « au moins jusqu’en 2019 ».
Lors de trois entretiens distincts avec la DGSI entre fin 2017 et mi-2022, le requérant aurait fait des « déclarations contradictoires et mensongères » concernant ses liens persistants avec les autorités rwandaises. Bien que représenté par l’avocat Stanic Adjacostan, l’intéressé n’a pas contesté les allégations précises contenues dans la « note blanche » de septembre 2024. Ce rapport l’établissait formellement en lien avec le Service national de renseignement et de sécurité (NISS), les services de renseignement rwandais, et l’accusait d’avoir utilisé sa fonction d’interprète pour l’OFPRA afin de surveiller des demandeurs d’asile rwandais en France.
En droit administratif français, l’absence de contestation de tels éléments permet souvent au tribunal de retenir les conclusions des services de renseignement comme des faits avérés. Ce manque d’opposition, conjugué à ses entretiens jugés peu sincères entre 2017 et 2022, a conduit le tribunal à conclure qu’il ne possédait pas la loyauté requise envers la France pour obtenir la naturalisation.
Coco Kabwika