D’après son rapport annuel, la commission électorale congolaise n’a obtenu que la moitié du budget sollicité pour 2025, ce qui l’a obligée à renoncer à certains scrutins. Elle doit en outre composer avec un patrimoine vieillissant, a rapporté Africa Intelligence.
Selon le rapport annuel présenté à l’Assemblée nationale, la CENI avait demandé un budget provisoire de 106,9 millions de dollars pour 2025, mais le gouvernement n’en a déboursé que 53 millions. Ce financement de 50 % a entraîné les conséquences critiques suivantes pour le processus démocratique en RDC :
Suspension des opérations électorales
l’impossibilité d’organiser les scrutins partiels dans les zones de conflit (Masisi, Rutshuru, Kwamouth).Ce report sine die des élections municipales (conseillers municipaux, bourgmestres et maires). Initialement prévues en octobre et novembre 2025, ces élections n’ont pu se tenir faute de financement.La CENI a indiqué n’avoir pu organiser que des élections indirectes limitées dans certaines régions, comme les provinces de Kwilu et d’Oubangui Nord, tandis que les réformes démocratiques municipales de plus grande envergure restent au point mort entraînant une paralysie du calendrier initialement prévu pour stabiliser la démocratie de proximité.
Dettes opérationnelles massives
l’accumulation d’impayés auprès des fournisseurs logistiques et du personnel temporaire.
Dégradation du matériel
l’incapacité d’entretenir les kits d’enrôlement et les dispositifs électroniques de vote.
Risque d’instabilité politique
une incertitude croissante qui fragilise la confiance des parties prenantes envers l’institution. Denis Kadima a averti que sans une rallonge budgétaire immédiate et le respect des décaissements, l’intégrité même du cycle électoral restant est compromise.
Aimé Binda