Le renseignement militaire congolais a récupéré et analysé des fragments de missiles légers de précision de type MAM-L produites par la société turque Roketsan utilisées par le Rwanda et le M23

Kinshasa suspecte fortement le Rwanda d’utiliser des drones de combat turcs Bayraktar TB2 pour mener des frappes et des missions de reconnaissance en soutien aux rebelles du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).Selon une note confidentielle du renseignement militaire congolais révélée par Africa Intelligence, l’état-major de la RDC s’inquiète d’un durcissement technologique des affrontements.

Les preuves matérielles de Kinshasa Débris de missiles

Le renseignement militaire congolais a récupéré et analysé des fragments de missiles légers de précision de type MAM-L sur les zones de combat. Ces munitions, produites par la société turque Roketsan, arment spécifiquement les drones Bayraktar TB2.

Intensification des frappes

Kinshasa recense une moyenne de cinq frappes par jour attribuées à ces appareils dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.Des bombardements début juillet sur le village de Mulima et la ville de Baraka ont causé des dégâts jugés incompatibles avec l’arsenal classique des rebelles du M23. La note indique que la Rwanda Defence Force (RDF) avait initialement acheté ces appareils pour ses opérations au Mozambique (Cabo Delgado) avant d’en redéployer une partie sur le front congolais.

Bases de lancement

Les vols seraient orchestrés depuis des infrastructures rwandaises, notamment l’aéroport de Kamembe (proche de Bukavu), un site déjà mentionné par l’ONU pour abriter des appareils similaires. L’aérodrome de Minembwe, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, est également suspecté de servir au ravitaillement. Pour protéger ces drones, Kigali a verrouillé le ciel de l’Est congolais avec d’importants systèmes de défense sol-air, compliquant les opérations des forces congolaises (FARDC).Cette montée en puissance militaire du Rwanda intervient dans un contexte de fortes pressions internationales, la RDF faisant déjà l’objet de sanctions financières de la part du Trésor américain pour son implication dans le conflit en RDC.

Aimé Binda

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