La Société minière de Bakwanga (Miba), fleuron diamantifère parapublique de la République Démocratique du Congo, traverse une phase de restructuration profonde après le départ de son directeur général.Ce départ, provoqué par un désaccord majeur avec le conseil d’administration, marque un tournant pour l’entreprise.
Le président du conseil d’administration, Jean-Charles Okoto Lolakombe, a fermement exprimé sa volonté de rompre définitivement les liens avec Asa Resource Group, l’actionnaire minoritaire de la compagnie.
L’offensive menée par Jean-Charles Okoto Lolakombe pour rompre les liens avec l’actionnaire minoritaire s’est considérablement durcie en août 2026. Ce bras de fer repose sur des accusations lourdes et une stratégie de dilution forcée du capital. Le camp de Jean-Charles Okoto considère désormais Asa Resource Group comme une coquille vide. Le conseil d’administration fonde sa position sur plusieurs éléments notamment une absence totale de contact. Les dirigeants de la MIBA affirment n’avoir eu aucune rencontre physique avec le dirigeant principal d’Asa, le Chinois Shao Boxuan, depuis 2023.Les proches du PCA Charles Okoto affirment que les sièges sociaux successifs déclarés par le groupe à Bruxelles, Londres et Johannesburg se sont révélés fictifs.En outre, Le groupe minoritaire n’a présenté aucun état financier récent prouvant une réelle activité économique.
Le précédent judiciaire de la Sibeka
Plus tôt dans ce conflit, Jean-Charles Okoto avait déjà obtenu des autorités belges la dissolution de la Sibeka (l’entité historique dont Asa a repris les droits), au motif qu’elle ne payait plus ses impôts et ne publiait plus ses bilans en Belgique. Il s’appuie sur le droit OHADA pour contester la légitimité de ses représentants actuels au conseil d’administration.
Pour contraindre Asa Resource Group à s’effacer ou à s’aligner, le conseil d’administration de Charles Okoto a lancé une recapitalisation globale faisant passer le capital de 70 à 100 millions de dollars.Structure de l’actionnariat de la MIBA.
Un bulletin de souscription a été envoyé à Asa avec une date butoir fixée au 27 août 2026. Si Asa ne libérait pas sa quote-part d’environ 27,5 milliards de francs congolais (approx. 12 millions de dollars), sa participation de 20 % serait immédiatement diluée.
Aimé Binda