Banque des données pétrolières et gazières : Le cabinet GeoSigmoid dirigé par l’Algérien Aoues Amares n ‘a remis aux autorités congolaises des données obsolètes et informations recyclées dans le cadre d’une série de contrats successifs

Après l’annulation officielle en octobre 2024 de l’appel d’offres massif pour 27 blocs pétroliers en raison d’offres irrecevables, irrégulières ou tardives, le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi a exigé en août 2026 un audit global. Il a instruit la ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, de dresser un état des lieux exhaustif du secteur afin de cartographier précisément les actifs, les réserves disponibles ainsi que les permis de recherche et d’exploitation.

A cet effet, La ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a inauguré la Banque nationale des données pétrolières et gazières à Kinshasa le 2 juillet 2026. Cette Banque nationale des données pétrolières et gazières demeure modeste, fonctionnant avec trois serveurs pour l’amont (d’une capacité de 15 000 Go) et un serveur pour l’aval.
Pour alimenter cette plateforme, un protocole d’accord a été signé début juillet 2026 avec la société GeoSigmoid, chargée de fournir des données cruciales sur les principaux bassins sédimentaires congolais.

GeoSigmoid, un cabinet de conseil pétrolier dont le siège officiel est à Dubaï et qui dispose de bureaux au Texas et en Tunisie. l’entreprise est dirigée par l’Algérien Aoues Amares, qui a remis en main propre aux autorités congolaises les données réinterpréter sur les bassins sédimentaires — une information que le cabinet du ministre des Hydrocarbures a formellement démentie. Les conseillers du ministère reconnaissent que les archives ne sont pas encore intégralement numérisées.

La réinterprétation et la numérisation de ces données par Aoues Amares (GeoSigmoid) visent à transformer des archives souvent anciennes en modèles 3D et données sismiques exploitables par les standards internationaux de l’industrie.
Détails des zones géologiques réinterprétées de GeoSigmoid

Le Bassin côtier : Situé sur la façade Atlantique, c’est la seule zone de la RDC qui bénéficie historiquement d’une production pétrolière active (onshore et offshore). Les nouvelles données visent à identifier des opportunités d’exploration plus profondes.
La Cuvette centrale : Ce bassin immense, situé en pleine forêt tropicale, couvre près de 800 000 km². Extrêmement complexe à explorer, la numérisation des données géophysiques est cruciale pour évaluer les structures rocheuses sans impact environnemental lourd au sol.


La branche occidentale du Rift est-africain : Cette zone frontalière à l’est regorge de grabens (fossés d’effondrement) très prometteurs.
Graben Albertine : Partagé avec l’Ouganda (où d’importantes réserves ont déjà été découvertes).
Graben du Lac Kivu : Connu pour ses fortes concentrations de gaz méthane.
Graben du Tanganyika : Partagé avec la Tanzanie, le Burundi et la Zambie, représentant un potentiel de gisements d’hydrocarbures de type lacustre.

Données obsolètes et informations recyclées

l’un des points saillants de l’enquête d’Africa Intelligence révèle que la « nouvelle » plateforme stratégique ne s’appuie pas sur des données d’exploration récentes. Elle repose au contraire sur des données anciennes, retraitées et réinterprétées dans le cadre d’une série de contrats successifs. Alors que le gouvernement exploite les indicateurs reconditionnés par GeoSigmoid, des initiatives internationales de premier plan ont été mises de côté. La ministre Bandubola a enterré un projet de certification des réserves, d’un montant de 680 000 dollars, confié au cabinet américain de renommée mondiale DeGolyer & MacNaughton. Le projet se retrouve ainsi au point mort, bien que la RDC ait déjà versé un acompte de 300 000 dollars.

Aimé Binda

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