Françoise Joly, Cette femme d’affaires d’origine rwandaise et de nationalité française s’est imposée comme une intermédiaire incontournable, notamment à Brazzaville (Congo) et à Lomé (Togo). Selon les investigations publiées en juillet 2026 par Africa Intelligence , Françoise Joly joue un rôle clé dans l’implantation de la structure paramilitaire russe Africa Corps (qui a succédé au groupe Wagner) au Congo et au Togo. Elle agit comme l’émissaire la plus privée et la plus écoutée par le président congolais Denis Sassou-Nguesso pour gérer les relations directes avec Moscou. Elle dispose d’une influence considérable auprès de Denis Sassou-Nguesso (Congo) et de Faure Gnassingbé (Togo). Disposant de passeports diplomatiques délivrés par ces deux nations, elle voyage régulièrement en jet privé entre Paris, Moscou, Kigali et les capitales concernées.
La rivalité entre Françoise Joly et Jean-Dominique Okemba (alias « JDO »)
La rivalité entre Françoise Joly et Jean-Dominique Okemba (alias « JDO ») illustre parfaitement la redistribution des cartes du pouvoir au sommet de l’État congolais. Neveu du président Denis Sassou-Nguesso, secrétaire général du puissant Conseil national de sécurité (CNS) et figure historique du régime, Okemba a vu son influence traditionnelle directement rognée par l’ascension de la conseillère.
Cette confrontation se cristallise autour de trois enjeux majeurs :
- La guerre pour le contrôle du protocole présidentiel
Le premier véritable affrontement direct a eu lieu lors de la nomination du colonel Alfred Simplice Ossombi Assingha à la direction du protocole présidentiel. Ce poste clé ne se limite pas à l’organisation logistique ; il permet de contrôler l’accès direct au chef de l’État et de piloter les budgets colossaux liés aux déplacements internationaux du clan présidentiel. Cet arbitrage a été directement poussé par Françoise Joly pour y placer un allié. Jean-Dominique Okemba a fermement contesté cette décision, se voyant dépossédé d’une de ses prérogatives historiques de surveillance et de gestion financière.
- Le basculement de la diplomatie parallèle: Vers l’effacement de Jean-Dominique Okemba
Pendant des décennies, le premier cercle familial et sécuritaire entourant Sassou-Nguesso, dont Okemba, gérait les relations extérieures stratégiques et les réseaux d’influence.En s’imposant comme l’interlocutrice incontournable des nouvelles puissances partenaires — que ce soit dans les négociations pétrolières à Dubaï, les contrats d’infrastructures avec la Turquie ou, de manière plus sensible, l’introduction de l’unité paramilitaire russe Africa Corps — Françoise Joly a court-circuité les canaux sécuritaires classiques du CNS.
- La reconfiguration des cercles d’influence
Cette inimitié s’inscrit dans un affaiblissement plus large de la position d’Okemba à Brazzaville, marqué par des rumeurs persistantes sur sa mise à l’écart progressive de certains cercles de pouvoir, y compris au sein de la Grande Loge du Congo. Malgré les contestations de JDO, de la première dame Antoinette Sassou-Nguesso, et de Claudia Sassou (la fille du président chargée de la communication), Françoise Joly conserve la confiance absolue de Denis Sassou-Nguesso. Le président interdit d’ailleurs toute remise en cause de son statut, faisant d’elle une personnalité politiquement intouchable au Palais du Peuple.
Notons que la forte omniprésence de Françoise Joly dans les cercles restreints du pouvoir agace profondément l’entourage de Denis Sassou-Nguesso au Congo, notamment les filles du président (Julienne Johnson, Ninelle et Claudia Sassou-Nguesso). Ses détracteurs estiment que son emprise sur les contrats pétroliers et diplomatiques représente un risque pour la souveraineté nationale.
Kinshasa pour sa part observe la montée en puissance de la Rwandaise au cœur du pouvoir à Brazzaville avec méfiance. Notons que Jean-Dominique Okemba a toujours représenté depuis des décennies le canal traditionnel d ‘échanges de questions de sécurité entre Kinshasa et Brazzaville.
Avec AI