Après l’extradition Paul-Henri Sandaogo Damiba, du Togo vers le Burkina Faso, Alassane Ouattara, mécontent craint des extradition à grande échelle aux conséquences “dangereuses “

Le président ivoirien Alassane Ouattara est profondément mécontent de l’extradition du 18 janvier 2026, de l’ancien dirigeant de transition burkinabé Paul-Henri Sandaogo Damiba, du Togo vers le Burkina Faso.


La Côte d’Ivoire perçoit cette extradition comme un précédent potentiellement dangereux qui pourrait permettre à l’Alliance des États du Sahel (AES) de réclamer le retour d’autres exilés politiques de la région. Le mécontentement de Ouattara tient en partie au fait qu’Abidjan sert de refuge à plusieurs personnalités politiques burkinabè et maliennes. Les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, sous Ibrahim Traoré, sont décrites comme tendues, le gouvernement de ce dernier accusant la Côte d’Ivoire de soutenir des efforts de déstabilisation. Les autorités ivoiriennes craignent également que cette extradition ne renforce la position de l’AES face aux dirigeants régionaux traditionnels.

Abidjan craint que cette mesure ne donne à l’Alliance des États du Sahel (AES) – composée de régimes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger – les moyens de réclamer activement le retour d’autres exilés politiques résidant actuellement dans les capitales ouest-africaines.
La Côte d’Ivoire demeure un refuge pour plusieurs personnalités et militants en provenance des pays de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES — Burkina Faso, Mali, Niger). Cette situation alimente des tensions diplomatiques croissantes entre Abidjan et les régimes militaires de la région.
Situation des personnalités maliennes
Karim Keïta : Le fils de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta résiderait toujours à Abidjan sous la protection des autorités ivoiriennes. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice malienne (via une notice rouge d’Interpol) pour son rôle présumé dans la disparition du journaliste Birama Touré en 2016.
Autres figures

Bamako a précédemment lié le sort de soldats ivoiriens à l’extradition d’autres personnalités comme l’ex-ministre de la Défense Tiéman Hubert Coulibaly, également cité comme vivant en Côte d’Ivoire.
Tensions avec le Burkina Faso
La junte burkinabè de Ibrahim Traoré accuse régulièrement la Côte d’Ivoire d’héberger des individus impliqués dans des projets de déstabilisation du régime de Ouagadougou. En janvier 2026, ces accusations se sont intensifiées, les autorités burkinabées affirmant avoir déjoué des tentatives de coup d’État financées depuis le sol ivoirien.

Cas Paul-Henri Sandaogo Damiba

Contrairement à la Côte d’Ivoire, le Togo a récemment marqué sa proximité avec les juntes en acceptant d’extrader l’ancien président de transition Damiba vers le Burkina Faso en janvier 2026. Ce geste accentue l’isolement diplomatique d’Abidjan sur cette question.

Statut de réfugié

Fin 2025, la Côte d’Ivoire a officiellement accordé le statut de réfugié à plus de 70 000 ressortissants de l’AES (environ 69 000 Burkinabés et 1 500 Maliens) fuyant l’insécurité au Sahel.
Ces différends sur l’extradition des personnalités recherchées participent au blocage institutionnel entre la Côte d’Ivoire et l’AES, notamment au sein de l’UEMOA où les pays de l’AES dénoncent l’influence d’Abidjan.

Coco Kabwika

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