La cité stratégique de Nzibira, située dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu, est passée dimanche 21 septembre sous le contrôle des rebelles du M23, à l’issue de violents affrontements avec les forces armées de la RDC (FARDC), soutenues par leurs alliés, les combattants Wazalendo. Dans la foulée, le président américain se vante d’avoir mis fin à la guerre entre la RDC et le Rwanda suite aux accords des minerais contre sécurité. Selon les experts militaires, le M23 pourrait conquérir encore de larges territoires malgré les accords de principe de Doha.
L’accord de paix signé en juin 2025 entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) sous l’égide de l’administration Trump suscite de vives inquiétudes quant à ses véritables intérêts. Plutôt que d’assurer une paix durable au peuple congolais, cet accord semble destiné à favoriser les intérêts commerciaux et financiers avides d’accéder aux vastes richesses minières du pays.
Ces inquiétudes sont légitimes, car cet accord n’est pas seulement un accord de paix entre deux pays en guerre ; il prévoit aussi l’expansion de l’exploitation minière en partenariat avec le gouvernement et les investisseurs américains. Le président Trump a même déclaré lors de la signature de l’accord : « Nous obtenons, pour les États-Unis, une grande partie des droits miniers du Congo dans le cadre de cet accord.
Dans le cadre de cet accord , Trump avait sommé le M23 de se retirer ou de se replier dans un triangle exigu entre les localités de Bunagana, Kibumba et de Rutshuru. Trois sites miniers devraient passer sous le contrôle total des Etats-Unis selon les documents consultés par Africa Intelligence. Notamment la mine de Coltan de Rubaya, la mine de pyrochlore de Lueshe et la mine de Lithium de Manono. Le cas Chemaf de Shalina Ressources n ‘avait pas été repris dans le document faisant partie des discussions distinctes en plus des autres actifs du Katanga sous contrôle chinois. Avec un accord vague avec les autorités américaines , les mines du Congo passent sous contrôle des consortiums et entreprises liés à des fonds américains directs ou indirects sans même que la guerre finisse. KoBold Metals, une société appuyée par Jeff Bezos d’Amazon et Bill Gates de Microsoft ont décroché les parts de la société australienne AVZ Minerals dans la mine de Lithium de Manono dans le Tanganyika. Des rapports suggèrent que le géant minier Anglo – australien Rio Tinto pourrait aussi collaborer avec KoBold sur ce projet Manono.
Selon Louis Watum, les projets de cuivre et de zinc d’Ivanhoe Mines Ltd. au Congo, est en pourparlers avec les États-Unis dans le cadre d’un accord sur les minéraux, les infrastructures et la sécurité, qui, selon lui, sont « assez avancés ».Ivanhoe Mines a accepté un investissement de 500 millions de dollars du Qatar, qui confère au fonds souverain Qatari 4 % du capital des mines de cuivre de la société canadienne fondée par le milliardaire Robert Friedland. Le fonds souverain du Qatar investira 500 millions de dollars dans le cadre de ce que les responsables qataris ont qualifié d’objectif de « trouver, développer et fournir de manière durable les minéraux critiques essentiels à la transition énergétique mondiale et aux applications technologiques avancées ».
La société minière et commerciale Glencore a été approchée par Orion Resource Partners avec une proposition pour que le fonds new-yorkais achète les opérations minières de cuivre de Kamoto Copper Co par le biais de sa coentreprise avec ADQ d’Abou Dhabi.
Les discussions de co – entreprises avec les américains seront beaucoup plus nombreuses », a déclaré Watum « Nous essayons de leur proposer le plus d’offres possible».
C’est dans ce cadre que Félix Tshisekedi s’était rendu au Kazakhstan. Félix Tshisekedi a cherché également à résoudre des conflits de longue date avec le grand mineur de cuivre et de cobalt du pays, notamment Eurasian Resources Group. Au cÅ“ur du conflit, la concession Menda centrale, une propriété de Boss Mining, une jointe – venture de ERG et de la Gécamines, envahie par des creuseurs se réclamant de la famille présidentielle Tshisekedi. Face à cette situation, le PDG d’ERG Sukhrat Ibragimov a cherché un partenariat avec les autorités congolaises pour sécuriser ses actifs et être un acteur important dans les négociations accord de minerais contre sécurité.
Le projet Chemaf de Shalina Ressources a cessé ses activités en RDC pour n ‘avoir pas trouver des partenaires dans un contexte des pressions américaines et de lutte avec la Chine. La RDC n ‘a pas voulu concéder le projet Chemaf au marchand chinois de drones et des armements Norinco. Le projet Chemaf n’a pas pu obtenir des investisseurs.
Coco Kabwika