RDC: Le fusil AK-47 se vends « à peine 30 dollars américains », Prolifération des armes légères et de petit calibre dans l’Est

En mars 2025, l’armée congolaise et ses alliés ont détruit, sur l’aérodrome de Minembwe, des avions qui acheminaient clandestinement des munitions et du matériel militaire de Bukavu vers Minembwe pour ravitailler les Twirwaneho et RED-Tabara. Ces deux groupes rebelles font partie des nombreux groupes rebelles opérant en République démocratique du Congo (RDC) et depuis celle-ci.

En raison des conflits persistants, des activités des groupes armés et rebelles, et de l’implication des milices soutenues par le  gouvernement, une abondance d’armes illégales circule dans l’est de la RDC. La prolifération des armes légères et de petit calibre dans cette région a commencé au milieu des années 1990, lorsqu’elles ont été introduites clandestinement en RDC par les frontières de l’Ouganda et du Rwanda pour soutenir les rébellions contre Kinshasa pendant les deux guerres du Congo.

Cette situation a alimenté une violence sans précédent, causant la mort de 12 millions de Congolais au cours des 30 dernières années. Ces massacres continuent d’être perpétrés par divers groupes armés, dont le M23.

L’incursion du M23 à Bunagana via Ntamugenga en 2022, ainsi que la prise de Goma et de Bukavu et l’avancée vers Uvira plus tôt en 2025, ont vu une circulation accrue d’armes plus près du lac Tanganyika.

Les AK-47 sont l’arme la plus couramment vendue en RDC et, dans certaines régions de Sake, se vendent  « à 30 dollars américains »

Cette situation s’explique par trois facteurs. Premièrement, les soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) avaient abandonné leurs armes et leur équipement  lorsqu’ils se retiraient face à l’avancée du M23.

Deuxièmement, la coalition  Wazalendo et la jeunesse locale, déterminées à endiguer l’avancée du M23, ont désarmé de force les soldats déserteurs des FARDC qui fuyaient Kalemie en traversant le lac Tanganyika à bord de navires réquisitionnés. Le gouvernement de la RDC a fourni des armes et des munitions aux Wazalendo et à d’autres groupes d’autodéfense, tels que les Fuliru et les Bembe, en raison de leur capacité avérée à contrecarrer l’avancée du M23.

Troisièmement, les groupes armés de la région du Tanganyika – tels que les Maï-Maï Yakutumba et les Maï-Maï Makanaki – sont activement impliqués dans des activités criminelles organisées telles que le racket fiscal, le contrôle des mines artisanales, la contrebande de minerais et la piraterie. Les armes sont essentielles aux activités de ces deux grands groupes rebelles , basés respectivement au Tanganyika et dans le sud des provinces du Sud-Kivu.

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