Le nouveau plan d’exploration pétrolière de la RDC pourrait compromettre son « Corridor vert »

Une analyse récente a révélé que la RDC a mis aux enchères 55 blocs pétroliers, dont 28 chevauchent 72% de son initiative de corridor vert, qui s’étend du Kivu à Kinshasa. Ces plans d’exploration pétrolière menacent la conservation des forêts, des zones humides et des écosystèmes.

Un conflit entre conservation et exploration pétrolière

Malgré l’opposition, la RDC a ouvert 55 nouveaux blocs pétroliers à l’exploration, dont 52 nouveaux et 3 déjà existants. Ces blocs couvrent une vaste zone de 124 millions d’hectares, ce qui est bien plus que lors de la dernière mise aux enchères en 2022.

Selon l’analyse de l’ONG Earth Insight, ces nouveaux blocs représentent une menace sérieuse pour 64% des forêts intactes de la RDC, 23% des zones protégées, et 23% des zones clés pour la biodiversité. De plus, ils chevauchent la Cuvette Centrale, une région critique pour ses forêts et zones humides. L’exploration de ces blocs pourrait directement affecter près de 39 millions de personnes.

L’avenir incertain du Corridor vert

En janvier 2025, la RDC a annoncé la création du Corridor vert Kivu-Kinshasa, une initiative majeure pour protéger 54 millions d’hectares de forêts et de paysages. Ce projet a été salué comme une avancée majeure pour la conservation de la biodiversité.

Cependant, le récent plan d’exploration pétrolière pose un problème de taille : 28 des nouveaux blocs couvrent 39 millions d’hectares, soit 72% du corridor. Cette situation pourrait entraîner la fragmentation et l’industrialisation de cette zone, ce qui irait à l’encontre de l’objectif de l’initiative du Corridor vert, qui vise à créer une zone écologique continue reliant l’est et le sud-ouest de la RDC.
Si l’exploration pétrolière devait se poursuivre dans cette zone, cela introduirait des infrastructures lourdes, des risques de pollution, et mettrait en danger l’équilibre écologique. Ce projet pourrait compromettre l’avenir de ce corridor vital pour la biodiversité et le climat.

Coco Kabwika

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