1 000 tonnes d’uranium toujours bloqué à l’aéroport de Niamey (base aérienne 101) :La pression de Macron sur Faure Gnassingbé pour bloquer la vente du yellowcake à la société russe Rosatom

Depuis près de quatre mois, l’Élysée a multiplié les manœuvres pour tenter d’empêcher la vente de 1 000 tonnes de yellowcake issues de la mine d’Arlit, longtemps exploitée par le groupe français Orano. Entre missions discrètes à Lomé et échanges confidentiels entre Emmanuel Macron et Faure Gnassingbé à Paris, une enquête d’Africa Intelligence révèle les coulisses du lobbying d’Emmanuel Macron.

Les efforts diplomatiques récents de l’Élysée ont porté sur le blocage de la vente d’environ 1 000 tonnes d’uranium enrichi provenant de la mine d’Arlit au Niger, que la junte locale comptait vendre à la société russe Rosatom.

Emmanuel Macron s’est entretenu avec le président togolais Faure Gnassingbé afin d’empêcher le transit de l’uranium par le port de Lomé. Macron a averti que faciliter la vente d’actifs nationalisés pourrait être considéré comme du recel.En octobre 2025, le président français Emmanuel Macron a tenu une réunion discrète et cruciale avec le président togolais Faure Gnassingbé au palais de l’Élysée afin de bloquer le transit de 1 000 tonnes d’uranium en provenance du Niger.


Suite à ces discussions et aux missions de suivi menées à Lomé fin 2025, le président Gnassingbé est revenu sur son accord initial avec la junte nigérienne. Les 9 et 10 décembre 2025, il informa le chef de la junte, Abdourahamane Tiani, que le Togo n’autoriserait pas le passage du convoi par son port.

Conséquence directe de ces pressions diplomatiques

le convoi d’uranium – composé d’environ 34 camions – est bloqué à l’aéroport de Niamey (base aérienne 101) depuis début 2025.Macron a explicitement averti Gnassingbé que faciliter le transit de cet uranium « nationalisé » par le port de Lomé pourrait être juridiquement interprété comme du « recouvrement de biens volés », étant donné que cet actif demeure la propriété du groupe français Orano.


Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a rendu une décision en septembre 2025 ordonnant au Niger de ne pas vendre ni transférer l’uranium produit par le groupe français Orano à Arlit.

La cargaison de 1 000 tonnes reste bloquée à la base aérienne 101 de Niamey, près de l’aéroport international. Selon des informations récentes, la junte nigérienne a fait marche arrière : son dirigeant, Abdourahamane Tiani, a annoncé son intention de restituer à Orano 95 000 tonnes de poudre d’uranium concentré (soit environ 63,4 % de sa part historique).
Le Financial Times et d’autres sources ont souligné que le stock est actuellement exposé à des menaces sécuritaires, notamment une attaque djihadiste près du site de stockage fin janvier 2026.

Aucun acheteur pour l’instant

Selon le Financial Times , les autorités nigériennes ont déjà entamé des discussions avec des acheteurs potentiels russes, chinois, américains et émiratis, mais aucun accord n’a encore été conclu. L’agence de presse russe TASS a également confirmé que des pourparlers avaient eu lieu concernant environ 1 000 tonnes de concentré d’uranium provenant de la mine de Somaïr.

Aimé Binda

Partage

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *