KINSHASA REMAKE « LE CHACAL » : Quand l’État déploie ses ex-Kulunas « redressés » pour nettoyer le chaos urbain

Kinshasa vit aujourd’hui une métamorphose digne d’un thriller d’action. Ceux qui, hier encore, faisaient trembler les avenues de la capitale sous le label de « Kulunas » (gangsters urbains) reviennent sur le devant de la scène, mais cette fois du bon côté de la force. Estampillés « Bâtisseurs de la Nation » par le Service National, ces jeunes autrefois marginaux sont désormais déployés en première ligne pour traquer l’incivisme routier, le commerce à la sauvette et le désordre public.

Pour les Kinois, le spectacle est saisissant : c’est un véritable remake en version réelle du film *Le Chacal*, où d’anciens prédateurs de la rue sont transformés en traqueurs impitoyables du chaos urbain.

De la machette à la discipline de fer : La métamorphose de Kanyama Kasese

Il y a encore quelques mois, leur simple évocation suffisait à vider une rue. Aujourd’hui, après un passage rigoureux par le centre de rééducation et d’apprentissage de **Kanyama Kasese**, situé dans le Haut-Lomami, ces ex-Kulunas ont troqué la machette contre la discipline militaire, le génie civil et le sens du service public.

Sous la houlette du Service National, l’État congolais a réussi un pari que beaucoup jugeaient impossible : canaliser cette énergie brute pour en faire un outil de salubrité publique. Reconvertis en agents d’ordre et de sensibilisation, ils sont désormais investis d’une mission quasi-sacrée : rééduquer la population kinoise à la dure réalité du civisme.

« On nous appelait les destructeurs, aujourd’hui nous sommes les bâtisseurs. Si l’État nous a redressés, nous allons aussi redresser ceux qui refusent de respecter la loi dans cette ville. »

— Un ancien Kuluna, désormais brigadier du Service National.

L’Opération « Zéro Tolérance » : Le nettoyage des artères de Kinshasa

Leur déploiement sur les points chauds de la capitale ne passe pas inaperçu. Avec une détermination froide qui rappelle la précision clinique du *Chacal*, ces équipes s’attaquent aux fléaux qui asphyxient Kinshasa au quotidien :

 *Le commerce à la sauvette : Les vendeurs ambulants qui squattent les chaussées et bloquent le passage des piétons sont systématiquement délogés et réorientés vers les marchés municipaux.

 *Les parkings sauvages et mauvais stationnements : Les conducteurs de taxis et de « Ketchs » (voitures de transport) habitués à créer des embouteillages monstres pour charger des clients hors-arrêt n’ont plus droit à l’erreur. Les rappels à l’ordre sont fermes, physiques et immédiats.

 *La lutte contre l’insalubrité : Finie l’époque où jeter un sachet plastique par la fenêtre d’un bus était un geste anodin. Les brigadiers veillent au grain.

Entre soulagement et discipline de fer : Le verdict des Kinois

Sur le terrain, cette méthode forte suscite des réactions contrastées au sein de la population. D’un côté, les automobilistes et les piétons fatigués par l’anarchie permanente saluent une efficacité redoutable. Les embouteillages diminuent là où les brigadiers sont postés, et les trottoirs respirent enfin.

De l’autre, certains commerçants informels dénoncent une approche parfois trop musclée, rappelant le passé de ces agents d’un nouveau genre. Mais pour l’État, le message est clair : à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Pour vaincre la pauvreté mentale et l’incivisme qui tirent la capitale vers le bas, il fallait des hommes qui connaissent la rue et que la rue respecte.

Le remake congolais du Chacal est en marche, et sur les routes de Kinshasa, le désordre n’a plus nulle part où se cacher.

Rédaction 

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