Sept des neuf membres du conseil d’administration, menés par le président du conseil Jean-Charles Okoto, ont accentué la pression en envoyant une missive officielle au président Félix Tshisekedi pour obtenir la révocation pure et simple du dirigeant sans indemnités. En effet, en échange de l’exclusivité sur la vente de diamants de la Miba et d’une entrée au capital, Centreville devait injecter 50 millions de dollars pour la relance de la mine.
Une disparition de diamants
Après la livraison d’un premier lot de diamants issu des stocks stratégiques, les dirigeants de Centreville se seraient volatilisés sans verser la contrepartie financière due. Cette affaire constitue le cœur du scandale financier et l’argument majeur utilisé par le conseil d’administration pour exiger la révocation du directeur général de la Miba, André Kabanda Kana.Les révélations détaillées par le conseil d’administration mettent en lumière un préjudice critique pour l’entreprise publique.
La société Centreville, un courtier totalement inconnu des professionnels de la filière, a profité d’un accès direct aux réserves de l’entreprise. Après avoir pris possession du premier lot, ses dirigeants se sont littéralement volatilisés dans la nature sans verser le moindre centime à la Miba.Le lot de diamants détourné ne provenait pas seulement de la production courante (période fin 2023 à début 2024), mais incluait également des pierres issues de la réserve de secours et des stocks stratégiques de la compagnie.
Les 50 millions de dollars promis par Centreville pour moderniser les infrastructures et relancer l’exploitation minière n’ont jamais été injectés. Le conseil d’administration accuse formellement le DG d’avoir octroyé ce marché et livré cette cargaison (appelée shipment) de manière frauduleuse, en dehors de toute procédure légale ou d’appel d’offres. C’est précisément la découverte de ce dossier opaque qui a poussé sept des neuf administrateurs de la Miba à envoyer une lettre officielle au président Félix Tshisekedi pour exiger le limogeage immédiat et sans indemnités du DG.
Aimé Binda