Les acheteurs américains se tournent de plus en plus vers le cuivre de la République démocratique du Congo, contribuant ainsi à des importations record en provenance de ce producteur africain due aux consommateurs industriels américains profitant des remises offertes par les marques approuvées par le COMEX.
Les livraisons de cathodes de cuivre en provenance du deuxième producteur mondial de cuivre qui est la RDC, ont atteint un niveau record de 53 290 tonnes en juillet, selon les données commerciales américaines. Le Congo a ainsi représenté 23,9 % des importations totales, qui ont dépassé pour la première fois les 220 000 tonnes, les négociants s’étant empressés d’expédier le métal avant l’éventuelle instauration de droits de douane.
Ces chiffres illustrent la popularité croissante du cuivre congolais aux États-Unis, qui ont importé moins de 32 000 tonnes de cuivre de ce pays pour l’ensemble de l’année 2024. Mais le Congo a désormais beaucoup plus à vendre grâce à une production accrue.
Cette augmentation est d’autant plus remarquable qu’aucune marque de cuivre du Congo n’est négociable sur le marché américain COMEX. Seules deux marques de cuivre africaines, toutes deux originaires de Zambie, figurent sur la liste du COMEX. Plus d’un tiers des marques agréées par le COMEX proviennent du Chili et du Pérou.
Albert Mackenzie, analyste du cuivre chez Benchmark Mineral Intelligence, a déclaré que cela laissait penser que le cuivre congolais pourrait être directement acheminé vers le marché direct américain. « Et si tel est le cas, il sera bien moins cher que les marques livrables au COMEX », a-t-il ajouté.
La prime payée pour le cuivre COMEX HGcv1 par rapport au prix LME CMCU3 a parfois atteint 400 à 600 dollars au cours de l’été, a souligné Mackenzie. « Ainsi, l’achat de cuivre non coté au CME sur la base du prix LME aurait pu s’avérer plus avantageux pour les utilisateurs finaux. »
Deux sources du secteur du cuivre congolais ont confirmé que le prix du métal est indexé sur celui du LME. La première source a indiqué que son métal est généralement vendu avec une décote de 550 à 800 dollars la tonne afin de couvrir les frais de transport.
La qualité du cuivre congolais s’est considérablement améliorée ces dernières années, ce qui a permis une meilleure acceptation par les consommateurs américains, a indiqué la deuxième source, ajoutant que les acheteurs comprennent des laminoirs à barres de cuivre et des fabricants de tubes.
Alors que d’importantes quantités ont afflué vers les États-Unis, les importations chinoises de cuivre en provenance du Congo ont diminué de 4,3 % au cours des sept premiers mois de 2026, même si la part de marché du Congo a augmenté de cinq points de pourcentage sur cette période pour atteindre 44,7 %.
Rien qu’en juillet, les importations chinoises en provenance du Congo ont atteint 95 778 tonnes, soit une part de marché de 39,4 %, le niveau le plus bas depuis octobre de l’année dernière, même si le Congo est resté de loin le premier fournisseur.
Coco Kabwika