Un mémoire d’observations juridiques de 53 pages déposé le 8 septembre 2026 auprès de la justice française par les avocats représentant l’État gabonais. Révélé par Africa Intelligence, ce document a été transmis par Maître Raphaël Gauvain et Maître Vivien Makaga-Pea au juge d’instruction parisien Serge Tournaire. Dans cette note, l’État gabonais se positionne officiellement aux côtés du Parquet national financier (PNF) pour demander le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de plusieurs personnalités clés, dont Antoinette Sassou-Nguesso (première dame du Congo-Brazzaville) et Omar-Denis Junior Bongo. La justice française s’intéresse à l’acquisition frauduleuse d’un appartement de 9 pièces situé dans le 17ᵉ arrondissement de Paris. Selon les investigations, ce bien immobilier d’une valeur de 2,47 millions d’euros aurait été financé par des fonds publics gabonais détournés. Il aurait ensuite été offert à Antoinette Sassou-Nguesso par l’ancien président gabonais Omar Bongo par le biais d’une société écran nommée Atelier 74. En appuyant la procédure pénale pour recel, la République gabonaise cherche à obtenir la confiscation et le recouvrement de ces biens jugés mal acquis.
Un tournant politique et diplomatique
Ce document de 53 pages marque une rupture politique majeure. En choisissant de s’allier activement aux procureurs français sous le régime de transition de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Gabon prend le contre-pied des anciennes complicités familiales interétatiques. Cette offensive judiciaire de Libreville risque de fragiliser durablement les relations diplomatiques entre le Gabon et le pouvoir de Denis Sassou-Nguesso à Brazzaville
Rédaction