FORMULE 1 : « LIBÉREZ LE CONGO, LE SOUDAN, LA SYRIE ET LA PALESTINE », LEWIS HAMILTON INTERPELLE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
Le septuple champion du monde de Formule 1, Lewis Hamilton, a profité de l’annonce du retour de la discipline sur le continent africain pour lancer un appel en faveur de la paix et de la liberté. Le pilote britannique a notamment cité la République démocratique du Congo (RDC), au moment où le choix du Rwanda pour accueillir un Grand Prix suscite des interrogations sur les enjeux politiques et humanitaires de la région.
Lewis Hamilton sort du cadre des circuits pour porter un message à portée internationale. Interrogé le vendredi 23 octobre 2026, à Austin, aux États-Unis, avant le Grand Prix du week-end, le pilote de Ferrari a réagi à l’attribution au Rwanda d’un contrat de dix ans pour accueillir une course de Formule 1, prévue au début des années 2030.
Depuis plusieurs années, le Britannique défend l’idée d’un Grand Prix en Afrique, un continent qu’il estime insuffisamment représenté dans le calendrier de la discipline. Il s’est ainsi réjoui de cette perspective historique, tout en reconnaissant que le choix du pays hôte soulève des questions complexes.
« Libérez le Congo, libérez le Soudan, libérez la Syrie, libérez la Palestine », a-t-il déclaré, appelant également à davantage de paix dans ces régions confrontées à des crises politiques, sécuritaires ou humanitaires.
Rwanda : un Grand Prix au cœur d’une controverse politique
L’annonce de l’arrivée de la Formule 1 au Rwanda ne fait pas l’unanimité. Des organisations de défense des droits humains ont critiqué ce choix, tandis que Kinshasa exprime ses préoccupations concernant le rôle attribué à Kigali dans la crise sécuritaire persistante dans l’est de la RDC.
La ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a estimé qu’offrir une telle vitrine internationale au président rwandais Paul Kagame risquait de contribuer à améliorer l’image de son gouvernement, alors que la RDC accuse le Rwanda de soutenir la rébellion du M23 et de contribuer à la déstabilisation de son territoire.
Kinshasa dénonce également l’exploitation illégale des ressources minières congolaises, qu’elle considère comme l’un des enjeux majeurs du conflit dans l’est du pays.
La cheffe de la diplomatie congolaise a ainsi appelé la Formule 1 à obtenir des garanties crédibles et indépendantes concernant l’origine des financements mobilisés pour l’organisation de cette compétition, afin d’éviter que des ressources liées aux conflits ou à l’exploitation des minerais congolais ne contribuent indirectement à son financement.
Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali. Elles soulèvent une question plus large : les grandes compétitions sportives peuvent-elles être organisées sans tenir compte des controverses politiques et des crises humanitaires entourant les pays hôtes ?
Lewis Hamilton appelle à davantage de connaissance sur l’Afrique
Face aux critiques, Lewis Hamilton a invité le public à aborder le sujet avec humilité et à mieux s’informer sur l’histoire du continent africain.
Le champion britannique a notamment regretté que l’histoire de l’Afrique occupe, selon son expérience personnelle, une place insuffisante dans l’enseignement reçu en Angleterre. Il a également souligné les conséquences persistantes de la colonisation et des interventions étrangères dans les difficultés rencontrées par plusieurs pays africains.
Pour Hamilton, la richesse des ressources naturelles du continent et son potentiel économique contrastent avec les crises auxquelles certaines de ses populations restent confrontées.
Le pilote a exprimé l’espoir de voir un jour l’Afrique davantage unie, estimant qu’une coopération plus forte entre les pays du continent pourrait lui donner un poids considérable sur la scène internationale.
Il a néanmoins insisté sur un point : accueillir une compétition sportive en Afrique ne doit pas conduire à ignorer les réalités politiques et humaines qui s’y déroulent.
Son message se veut donc plus large qu’une simple réaction à l’annonce d’un Grand Prix. Il invite les amateurs de sport et la communauté internationale à s’intéresser davantage aux conflits, aux injustices et aux aspirations des populations concernées.
La Formule 1 face à ses responsabilités
La décision d’organiser un Grand Prix au Rwanda relance le débat sur la responsabilité des grandes organisations sportives lorsqu’elles choisissent leurs pays hôtes.
D’un côté, l’arrivée de la Formule 1 pourrait représenter une opportunité de visibilité internationale, d’investissements et de développement économique pour le continent africain. De l’autre, les critiques formulées autour de la situation des droits humains et du conflit dans l’est de la RDC montrent que ce type d’événement ne peut être dissocié de son environnement politique.
La prise de position de Lewis Hamilton apporte une dimension supplémentaire à cette controverse. Sans rejeter le principe d’une course africaine, le pilote rappelle que la promotion du sport ne devrait pas faire oublier les souffrances des populations touchées par les conflits.
Pour la RDC, dont l’est reste marqué par l’insécurité et les déplacements de populations, la question revêt une importance particulière. La visibilité internationale offerte au Rwanda par la Formule 1 pourrait devenir un sujet de débat diplomatique et médiatique dans les mois à venir.
Au-delà des moteurs et des podiums, l’appel de Lewis Hamilton pose ainsi une question essentielle : comment célébrer le sport et le rayonnement international de l’Afrique tout en maintenant l’attention sur les conflits, les droits humains et la recherche d’une paix durable ?
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Avec The Telegraph