De Washington à Kinshasa, bataille féroce pour la reprise d’un joyau minier, a rapporté Africa Intelligence.
Le sort de Chemaf, l’un des derniers miniers d’envergure à échapper à l’influence chinoise, est devenu l’épicentre d’une compétition féroce mêlant ambitions américaines, calculs des négociants suisses et arbitrages du pouvoir congolais. L’offre de l’américain Virtus Minerals a récemment obtenu le soutien du département d’État américain.
Le différend porte sur le rachat de Chemaf, filiale de Shalina Resources, société basée à Dubaï, endettée et cherchant à céder ses actifs.
Virtus Minerals, Cette entreprise américaine, dont l’offre de rachat de Chemaf a récemment reçu le soutien du Département d’État américain et de l’administration Trump, est une société minière américaine dirigée par d’anciens militaires et agents du renseignement américains, et s’est imposée comme l’un des principaux candidats à l’acquisition de Chemaf Resources en République démocratique du Congo (RDC).
L’offre de Virtus Minerals a récemment reçu le soutien officiel du département d’État américain et de l’administration Trump. Au sein de cette administration, le dossier est piloté par David Copley, conseiller spécial pour les minéraux critiques auprès du Conseil de sécurité nationale.
Cette acquisition de la mine de Mutoshi est un élément central de la stratégie de l’administration Trump visant à réduire la domination de la Chine sur les chaînes d’approvisionnement critiques dans le secteur des minéraux. Un précédent accord, conclu en 2024, prévoyant la vente de Chemaf à une entreprise publique chinoise, avait été bloqué par le gouvernement congolais sous la pression des États-Unis.
Virtus Minerals s’associe à Orion Resource Partners, société basée à New York qui gère environ 8 milliards de dollars d’actifs. Selon le projet, Orion assurerait le financement tandis que Virtus se chargerait de la gestion opérationnelle.
Virtus est dirigée par des vétérans ayant une expérience dans les domaines de la sécurité et du renseignement. Le président, Gregory Roberts, est un ancien agent de la CIA, et le directeur général, Phil Braun, est un ancien béret vert.
L’entreprise exploite déjà une filiale en RDC, ROK Metals, spécialisée dans le traitement du cuivre et du cobalt.
D’autres entreprises soutenues par les États-Unis, telles que United Critical Minerals et Global Critical Resources (GCR), sont également en lice pour les actifs de Chemaf, notamment le site à fort potentiel de Mutoshi.
United Critical Minerals (UCM) : Cette société bénéficie d’un soutien politique et financier des États-Unis dans le cadre de la stratégie américaine visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en métaux critiques comme le cobalt et le cuivre. Global Critical Resources (GCR) : Également positionnée sur ce dossier, GCR participe à l’effort de sécurisation des minerais essentiels pour la transition énergétique, en concurrence directe avec les groupes miniers chinois déjà très présents dans la région .Le site de Mutoshi est particulièrement convoité car il représente l’un des gisements de cobalt et de cuivre les plus prometteurs encore disponibles pour des investisseurs non chinois en RDC .Cette lutte pour le rachat de Chemaf s’inscrit dans le cadre plus large du Partenariat pour l’investissement dans les infrastructures mondiales (PGI), une initiative du G7 menée par les États-Unis pour contrer l’influence économique de la Chine en Afrique.
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Aimé Binda