Lourdement endettée à hauteur d’environ 900 millions de dollars, Chemaf représente un enjeu majeur car elle possède le projet Mutoshi, l’une des plus grandes mines de cobalt au monde.
En 2024, Chemaf avait initialement accepté de vendre ses actifs à la société d’État chinoise Norin Mining. Cependant, le gouvernement de la RDC a bloqué l’opération suite à un intense lobbying de responsables américains.
La Gécamines, compagnie minière d’État congolaise, a proposé un accord pour acquérir Chemaf pour la somme symbolique d’un million de dollars afin de régler ses dettes, puis d’introduire un nouvel actionnaire majoritaire aligné sur les intérêts américains.
En outre, Un groupement d’investisseurs mené par Virtus Minerals (dirigée par d’anciens militaires et agents du renseignement américains) et Orion Resource Partners s’est imposé comme un candidat sérieux pour la reprise des actifs et l’approvisionnement du marché américain.
La mine de Mutoshi figure sur la liste restreinte transmise par la RDC à Washington
Le 20 janvier 2026, la RDC a officiellement transmis à Washington une liste restreinte d’actifs miniers appartenant à l’État, à l’attention des investisseurs américains. Le projet Mutoshi de Chemaf figure en bonne place sur cette liste.
Au moins cinq entreprises sont désormais en lice, dont la société Buenassa, qui sollicite le soutien de la banque nigériane UBA pour acquérir Chemaf et construire une raffinerie locale. Les analystes considèrent ce projet comme un test permettant de déterminer si les capitaux à risque américains peuvent agir suffisamment rapidement pour rivaliser avec les financements chinois dans une région où la rapidité d’exécution est essentielle.
Un test concret du partenariat États-Unis-RDC, car il contraint les États-Unis à fournir un soutien financier tangible – et non seulement un soutien politique – afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement en batteries pour véhicules électriques et en technologies de défense. Si le consortium américain ne parvient pas à finaliser l’accord, cela pourrait indiquer que les capitaux occidentaux ne peuvent pas encore rivaliser avec la rapidité des entités étatiques chinoises en RDC.
Au moins cinq entreprises ou consortiums sont en lice pour acquérir Chemaf SA, un important producteur de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo (RDC). La société locale Buenassa SARL recherche activement un soutien financier auprès de United Bank for Africa (UBA) afin de finaliser l’acquisition et de financer la construction d’une raffinerie nationale.
Principaux candidats et concurrents pour l’acquisition de Chemaf
La course à l’acquisition de Chemaf s’est intensifiée en raison de ses importants permis miniers non exploités et de son rôle central dans la compétition géopolitique pour les minéraux critiques.
Buenassa SARL : Une entreprise congolaise qui sollicite une ligne de crédit de 50 millions de dollars auprès d’UBA et jusqu’à 300 millions de dollars auprès de Rawbank. Cette acquisition garantirait un approvisionnement en matières premières pour 20 ans à sa raffinerie hydrométallurgique de 700 millions de dollars prévue à Lualaba.
Gécamines : La compagnie minière d’État de la RDC a proposé un accord pour acquérir Chemaf pour 1 million de dollars, plus le règlement de la dette (estimée à 900 millions de dollars), avant l’arrivée d’un nouvel actionnaire majoritaire.
United Critical Minerals (UCM) : Cette société, immatriculée au Wyoming, propose d’investir 500 millions de dollars pour relancer les opérations, ainsi que 50 millions de dollars d’indemnisation à Gécamines.
Virtus Minerals / Orion Resource Partners : Ce consortium dirigé par des États-Unis, soutenu par d’anciens membres des forces spéciales et du renseignement américains, est en position de force pour les négociations.
Global Critical Resources (GCR) : Cette entité, immatriculée dans le Delaware et contrôlée par l’entrepreneur autrichien Cevdet Caner, cherche à s’aligner sur les intérêts d’approvisionnement américains.
Jindal Steel & Power Ltd : Ce conglomérat indien a également fait une proposition d’acquisition des actifs.
Projet de raffinerie et aspects financiers
Le projet de raffinerie de Buenassa est un élément clé de la stratégie de la RDC visant à accroître les retombées économiques locales en matière de ressources minérales. La première phase vise à produire annuellement 30 000 tonnes de cathodes de cuivre et 5 000 tonnes de sulfate de cobalt.
L’État congolais a acquis une participation de 10 % dans Buenassa en juin 2025 et a octroyé une subvention de 3,5 millions de dollars pour des études préliminaires.
Les études de préfaisabilité sont attendues début 2026, la décision finale d’investissement en 2027 et la production devrait démarrer en 2029.
Avec FT