Bujumbura : l’étau se resserre autour du pasteur Jalos Nkunda Kilaya, plusieurs proches interpellés

Bujumbura — La série d’arrestations visant des membres de la communauté banyamulenge au Burundi prend une nouvelle dimension. Après l’interpellation du pasteur Jalos Nkunda Kilaya, plusieurs de ses proches auraient à leur tour été conduits dans les locaux des services de renseignement burundais, selon des informations rapportées par SOS Médias Burundi.

Le dossier du pasteur Jalos Nkunda Kilaya semble désormais dépasser le cadre de sa seule arrestation. Selon le média burundais, son épouse, Jacqueline Nyiramasoso, ainsi qu’un jeune étudiant présenté comme un membre de la famille, prénommé Merci, ont été interpellés lors d’une opération de fouille menée au domicile familial.

Cette intervention aurait été effectuée par des agents du Service national de renseignement (SNR), quelques jours après l’arrestation du pasteur.

Une arrestation à l’aéroport

Jalos Nkunda Kilaya avait été arrêté le 8 septembre 2026 à l’aéroport international Melchior Ndadaye de Bujumbura. Son interpellation s’inscrivait dans une série d’arrestations touchant plusieurs membres de la communauté banyamulenge présents dans la capitale burundaise.

D’après les informations recueillies par SOS Médias Burundi, les services de renseignement se seraient ensuite rendus au domicile du pasteur afin d’effectuer une fouille.

L’objectif aurait notamment été de retrouver le téléphone portable de son épouse.

Le téléphone de Jacqueline au centre de l’opération

Selon les informations publiées par SOS Médias Burundi, les agents auraient demandé le téléphone de Jacqueline Nyiramasoso. Un autre appareil leur aurait d’abord été remis, mais celui-ci n’aurait pas correspondu au téléphone recherché.

Jacqueline Nyiramasoso et Merci auraient alors été conduits dans les locaux du renseignement.

Le média rapporte également, en citant notamment des informations attribuées à l’activiste burundais Pacifique Nininahazwe, que cette recherche serait liée à l’impossibilité pour les services burundais de déverrouiller le téléphone du pasteur Jalos Nkunda Kilaya.

Le téléphone de ce dernier, présenté comme ayant été acheté en Europe, n’aurait pas pu être déverrouillé. Les raisons techniques de cette impossibilité ne sont toutefois pas connues.

Une affaire qui s’inscrit dans un contexte régional tendu

Ces arrestations interviennent dans un environnement régional particulièrement sensible.

Depuis plusieurs mois, les relations entre le Burundi et le Rwanda sont marquées par de fortes tensions, tandis que la guerre se poursuit dans l’est de la République démocratique du Congo. La communauté banyamulenge, historiquement implantée dans le Sud-Kivu, se retrouve ainsi au croisement de plusieurs enjeux sécuritaires et politiques régionaux.

SOS Médias Burundi avait déjà rapporté, le 14 septembre, plusieurs arrestations de membres de cette communauté à Bujumbura. Parmi les personnes citées figurait notamment le pasteur Gédéon Nzayitegaho, responsable de l’église Carmel à Mutakura.

Le média indiquait alors que les autorités burundaises n’avaient pas communiqué publiquement sur l’ensemble de ces interpellations ni détaillé les motifs précis retenus contre les personnes arrêtées.

Le silence des autorités entretient les interrogations

Pour l’heure, les informations disponibles ne permettent pas d’établir publiquement les charges exactes qui pèseraient contre Jalos Nkunda Kilaya, son épouse ou les autres personnes interpellées.

Cette absence d’explications officielles laisse donc plusieurs questions ouvertes : quelles sont les raisons précises de ces arrestations ? Quel lien les autorités établissent-elles entre les personnes interpellées ? Et que recherchent exactement les services de renseignement à travers les téléphones saisis ou recherchés ?

Dans ce contexte, la prudence reste de mise. Les faits rapportés par SOS Médias Burundi reposent sur des informations recueillies auprès de sources locales et de personnes proches du dossier, tandis que les autorités burundaises n’ont pas, à ce stade, fourni publiquement leur version détaillée des faits.

Une chose est néanmoins certaine : avec l’interpellation successive de plusieurs membres de l’entourage du pasteur Jalos Nkunda Kilaya, le dossier prend une ampleur nouvelle et intervient dans un climat régional déjà fortement sous tension.

Avec SOS Media Burundi

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