Ituri: Le gouverneur militaire Johnny Luboya Nkashama a interdit aux troupes ougandaises de transiter par les postes-frontières d’Anzida et de Karombo

Le gouvernement de Félix Tshisekedi a effectivement manifesté une volonté de restreindre l’influence de l’armée ougandaise (UPDF) en Ituri, en dépit des pressions répétées de Kampala pour obtenir le départ du gouverneur militaire de la province, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama.

Contrairement aux exigences formulées dès 2025 par le général ougandais Muhoozi Kainerugaba, qui réclamait ouvertement le départ de Johnny Luboya, Kinshasa a maintenu ce dernier à son poste.

Restrictions imposées à l’UPDF

Par une décision datée du 4 mars 2026, le gouverneur Luboya a interdit aux troupes ougandaises de transiter par les postes-frontières d’Anzida et de Karombo. Cette décision marque une nette escalade des tensions entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda, le gouvernement militaire de l’Ituri passant d’une friction latente à une hostilité ouverte envers l’influence de Kampala.

L’interdiction restreint spécifiquement la capacité logistique et opérationnelle de l’UPDF à transiter par ces postes frontières stratégiques, essentiels à ses opérations.

Les autorités congolaises suspectent l’UPDF d’utiliser son déploiement dans le cadre de l’opération Shujaa pour mener des activités de trafic de bois et d’or en Ituri.

 Kinshasa accuse également l’Ouganda de favoriser les intérêts de la communauté Hema au détriment des Lendu, exacerbant les tensions locales. Des responsables ougandais ont exprimé leur inquiétude quant au fait que les FARDC, sous le commandement de Nkashama, se concentrent désormais sur la répression de groupes locaux comme la Convention pour la révolution populaire de Thomas Lubanga au lieu de donner la priorité à l’ADF.

L’armée ougandaise opère sur le sol congolais depuis 2021 pour combattre les rebelles de l’ADF. Cependant, la relation s’est dégradée à mesure que l’influence de Kampala s’étendait, poussant Kinshasa à tenter de « contenir » ce partenaire jugé de plus en plus ambigu.

Aimé Binda

Partage