‎L’armée sud-africaine quitte la RDC : la fin d’une ère, le constat d’un naufrage



‎Pretoria a officialisé ce samedi le retrait définitif de ses troupes déployées en République démocratique du Congo au sein de la Monusco. Derrière ce départ, qui doit s’achever fin 2026, se cache une réalité alarmante : une armée nationale (SANDF) exsangue, incapable de maintenir ses engagements extérieurs.

‎Le retrait de la Monusco : le dernier acte
‎Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a officiellement informé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de son intention de retirer ses quelque 700 soldats encore présents dans l’est de la RDC. Ce désengagement, prévu pour être effectif avant la fin de l’année 2026, marque la fin de 27 ans de présence sud-africaine dans le pays.

‎Ce départ fait suite à une pression politique croissante en Afrique du Sud. Le traumatisme de janvier 2025, où 14 soldats avaient perdu la vie lors d’une offensive des rebelles du M23 sur Goma, a servi de catalyseur. La débâcle de la force régionale SamiRDC, incapable d’endiguer l’avancée rebelle malgré le soutien de la SADC, avait déjà forcé Pretoria à évacuer une partie de ses troupes l’an dernier.



‎Une institution « à genoux »



‎Si la version officielle évoque un besoin de « consolider et réajuster les ressources », la réalité est bien plus sombre. La Force de défense nationale sud-africaine (SANDF) est décrite par les observateurs comme étant en ruines.


‎ * Faillite financière : Près de 68 % du budget de la Défense est englouti par les soldes, laissant des miettes pour l’entretien du matériel.
‎ * Crise capacitaire : Moins de 20 % des aéronefs militaires seraient aujourd’hui en état de voler.
‎ * Infrastructures délabrées : Le rapport parlementaire d’avril 2025 sur la base de Thaba Tshwane a révélé des conditions de vie indignes pour les troupes : logements insalubres, occupations illégales et manque total d’entretien.
‎> « Une force de défense à genoux », titrait d’ailleurs le site spécialisé DefenceWeb en juin dernier.
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‎Quel avenir pour la sécurité régionale ?
‎L’annonce de ce retrait soulève des inquiétudes majeures pour la stabilité de l’Est de la RDC, alors que la Monusco elle-même réduit ses effectifs (passant de 12 500 hommes en 2025 à un désengagement progressif).

‎Pour l’Afrique du Sud, le défi est désormais interne. Entre des troupes démotivées et un matériel obsolète, la « nation arc-en-ciel » semble perdre l’un des piliers de son influence diplomatique sur le continent : sa puissance militaire.

‎Philippe Chapleau

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