Le retrait de la mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) en République démocratique du Congo (RDC) se fera par la route.
Il s’agit d’un point issu des discussions sur un plan de retrait révisé, lors d’une réunion tenue vendredi dernier (11 avril), à laquelle ont participé les chefs des trois forces de défense ayant fourni des troupes et du matériel à la mission. Il s’agit des généraux Rudzani Maphwanya (Force de défense nationale sud-africaine), Jacob Mkunda (Force de défense populaire tanzanienne – TPDF) et Paul Phiri (Force de défense du Malawi). Était également présent au siège de la TPDF à Dar es Salaam pour la réunion le professeur Kula Theletsane, directeur de l’Organe de la SADC chargé des affaires politiques, de défense et de sécurité.
Le déploiement initial de la mission, sous l’acronyme SAMIDRC, a commencé en décembre 2023 dans l’est de la RDC, sous le commandement du général de division sud-africain Monwabisi Dyakopu. Sa fin, suivie d’un retrait progressif, a été rendue publique par le bloc régional le 13 mars. Cette annonce est intervenue deux mois après que les trois pays contributeurs de troupes à la SAMIDRC ont signalé des morts au combat contre le M23 (Mouvement du 23 mars), l’Afrique du Sud – 14 – en étant la plus touchée.
Le 6 février, deux semaines après les morts lors des combats autour de Sake et Goma dans la province du Nord-Kivu, le président malawite Lazarus Chakwera a ordonné à ses soldats de commencer à préparer le retrait de Goma et de ses environs dans l’est de la RDC.
Un communiqué d’une page de la SAMIDRC daté du 11 avril signalait un retard dans la réouverture de l’aéroport de Goma, indiquant que cela « pourrait entraîner de nouveaux retards » dans le retrait de la SAMIDRC. Il précisait également que le retrait se ferait par la route de Goma à Chato, en Tanzanie, en passant par le Rwanda, et ajoutait que le Secrétariat de la SADC « engagerait » le Rwanda à faciliter le passage en toute sécurité des troupes de la SAMIDRC.
Les trois centres de coopération tactique (TCC) ont été chargés de renforcer la planification du retrait avec des experts en opérations, en renseignement et en logistique. Ils seront chargés de mener des reconnaissances et d’élaborer des instructions de retrait.
Les éléments de planification de la SADC dirigeront le commandant de la force SAMIDRC dans la formulation d’un plan de retrait respectant les directives autorisées par les TCC.
« Exiger un retrait immédiat des troupes du SAMIDRC signifie qu’elles ne peuvent pas être évacuées par avion. Devraient-elles partir via Kigali ? Qu’en est-il de tout le matériel ? Les plans pour un départ ordonné et échelonné du SAMIDRC s’effondrent rapidement ».
Un retrait par voie terrestre complique la tâche des troupes du SAMIDRC, car elles ne souhaitaient pas un long cheminement logistique à travers le Rwanda. Le retrait est lent, les routes sont accidentées et l’accord du Rwanda est indispensable, a souligné Wingrin.
Avec Cyril Mokoena