Sultani Makenga : Le Commandant Militaire Suprême
Le « Général » Sultani Makenga (CDi.008) est identifié comme le commandant militaire suprême de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Selon le rapport, il reçoit, au même titre que le leadership politique, des instructions et un soutien directs du gouvernement rwandais et de ses services de renseignement. Il est en contact fréquent avec des responsables rwandais tels que Fred Ngenzi Kagorora et le brigadier général Patrick Karuretwa. Preuve de l’influence rwandaise à ses côtés, le sergent John Muhire des Forces de défense rwandaises (RDF) est l’un de ses principaux conseillers depuis février 2025. Le chef du renseignement civil du M23, Basile Gasigwa, lui rend directement compte, montrant que l’administration civile reste sous l’influence de l’aile militaire. Il a également approuvé l’envoi de cadres en formation spécialisée au Rwanda.
Bertrand Bisimwa : Le Visage Politique Historique
Bertrand Bisimwa est présenté comme l’un des principaux dirigeants politiques de l’AFC/M23. Tout comme Makenga, il reçoit des instructions du Rwanda et maintient un contact régulier avec les officiels rwandais. Son nom est associé à la saisie et à la redistribution de biens publics et privés, ciblant en particulier des leaders de la société civile. Suite à la prise de Goma, il a publiquement nié qu’il y ait eu des victimes civiles, affirmant que tous les morts étaient des combattants. Il a également publié des démentis officiels concernant les raids menés par le M23 sur des hôpitaux, affirmant un « respect rigoureux des obligations découlant des Conventions de Genève ».
Corneille Nangaa : L’Ambitieux Coordonnateur mis sur la Touche
Corneille Nangaa, ancien président de la commission électorale congolaise, est le coordonnateur politique de l’AFC/M23. Le rapport indique qu’il a été initialement mis en avant pour présenter la rébellion comme un « problème congolais », mais qu’il a été « progressivement mis à l’écart par le Rwanda ». La raison principale serait son « ambition personnelle de prendre le pouvoir à Kinshasa par la force », un objectif auquel le Rwanda et le M23 souscrivent en théorie, mais pas par une campagne militaire directe sur la capitale. Malgré cela, il reste en contact avec des personnalités politiques de premier plan comme Joseph Kabila, Moise Katumbi et John Numbi. M. Nangaa a annoncé publiquement la reprise des activités bancaires via la CADECO dans les zones occupées, une initiative immédiatement dénoncée par la banque elle-même. Son nom est également cité parmi ceux qui ont saisi et redistribué des biens.
Lawrence Kanyuka : Le Maître de la Communication et de la Propagande
Lawrence Kanyuka est une figure centrale de l’appareil de communication du mouvement, agissant comme « porte-parole à la fois pour l’AFC et le M23 ». Il est le chef de file de l’« armée numérique » du groupe, une structure essentielle à la guerre de l’information et à la déstabilisation. Le rapport montre comment il qualifie publiquement les opérations de répression de « opérations de stabilisation de la sécurité ». Il a systématiquement nié la responsabilité du M23 dans des violations graves, comme l’assassinat du musicien Delcat Idengo, qu’il a attribué à des « règlements de comptes entre différentes factions des Wazalendo et des FARDC », ou encore les raids sur les hôpitaux de Goma.
Les Cadres Militaires et Administratifs
Joseph Bahati Musanga (alias Bahati Erasto) : Gouverneur et Acteur Clé du Trafic de Minerais
Désigné « Gouverneur » du Nord-Kivu par l’AFC/M23, Bahati Erasto a justifié les opérations de répression comme étant nécessaires pour appréhender les « Wazalendo et FDLR » cachés. Cependant, son rôle le plus important, selon le rapport, est économique. Il est décrit comme « la figure clé derrière l’exploitation illégale et la contrebande de minerais par l’AFC/M23 » depuis la prise de Rubaya en avril 2024. Il a mis en place un système de taxation sur les sites miniers et a personnellement sélectionné les négociants autorisés à acheter et à faire passer les minerais au Rwanda. Pour ces actes, le Groupe d’experts estime qu’il est « passible de sanctions ».
« Colonel » Léon Kanyamibwa : Le Chef de la Formation Militaire
Le « Colonel » Léon Kanyamibwa est le commandant en charge de tous les centres d’entraînement de l’AFC/M23. Avec le soutien de formateurs du M23 et rwandais, il supervise la formation de milliers de nouvelles recrues. Il est également celui qui sélectionne les futurs cadres politico-militaires destinés à suivre une formation spécialisée au centre d’entraînement des RDF de Gabiro, au Rwanda.
« Colonel » Semikobe Gafishi : Le Grand Recruteur
Le « Colonel » Semikobe Gafishi est identifié comme le principal responsable du « recrutement de combattants et d’agents politico-militaires dans l’est de la République démocratique du Congo ». Il a également participé à la sélection des recrues envoyées en formation. Son rôle est officialisé par sa nomination en tant qu’« Officier chargé de la mobilisation et du recrutement » le 11 février 2025.
Ephrem Kabasha : L’Administrateur Territorial et Tortionnaire
Nommé administrateur du territoire de Nyiragongo par le M23, Ephrem Kabasha est directement accusé d’avoir « enlevé et torturé plusieurs leaders de la société civile » [cite: 158, 1034-1037]. [cite_start]Il a également menacé des familles et participé au pillage de leurs biens [cite: 1038-1043].
Les Facilitateurs et soutiens externes
Kennedy Nari : Le « Fixer » de Kampala
[cite_start]Kennedy Nari est un homme d’affaires et « fixer » autoproclamé basé à Kampala, en Ouganda, qui entretient des liens étroits avec des personnalités liées à l’AFC/M23, dont Corneille Nangaa. Le rapport le décrit comme ayant joué un « rôle déterminant dans la facilitation du voyage des recrues étrangères », y compris celles venant d’Ituri et des camps de réfugiés en Ouganda, vers les centres d’entraînement du M23.
Laurent Nkunda : Le sanctionné en réserve
Le rapport mentionne que, pour restaurer la cohésion interne du M23, le gouvernement rwandais aurait prévu de nommer Laurent Nkunda (CDi.022), une figure historique sous sanctions de l’ONU, à « un poste important au sein de l’AFC/M23 ». Cela suggère que, bien qu’absent de la scène publique, son nom est encore considéré comme un atout pour la rébellion [cite: 762-764].
Autres personnalités citées :
* Willy Manzi Ngarambe : Nommé vice-gouverneur du Nord-Kivu, il a voyagé depuis le Canada pour prendre ses fonctions et est impliqué dans la saisie de biens.
* Vianney Kazarama : Ancien porte-parole du M23 (version 2012), il est revenu de son exil au Rwanda et est également impliqué dans la saisie de biens.
* « Colonel » Imani Nzenze : Il fait partie du commandement militaire et est en contact fréquent avec des responsables rwandais. Il dirige également une unité de renseignement militaire.
* Crispin Kashale, Nicolas Kyalangalilwa et Samy Jean Takimbula : Ces trois figures politiques et de la société civile de Bukavu ont publiquement annoncé leur soutien ou leur allégeance à l’AFC/M23 après la prise de la ville.
Rapport UN