La RDC rejoint le club des alliés et partenaires sur les minerais critiques pour contrer la Chine

Le mercredi 4 février, les États-Unis ont convié une cinquantaine de pays à Washington pour parler minerais critiques et terres rares, face à la concurrence acharnée de la Chine. Parmi les invités, la République démocratique du Congo. Ce pays attire les convoitises des États-Unis qui viennent de créer une réserve de terres rares d’une valeur de 12 milliards de dollars.

Une trentaine de pays souhaitent rejoindre un club d’alliés et de partenaires sur le commerce des minéraux critiques afin de réduire la dépendance à l’égard de la Chine , a déclaré mardi le secrétaire américain à l’Intérieur, Doug Burgum, lors d’une conférence.


Burgum, qui dirige également le Conseil national américain pour la domination énergétique, a déclaré que des pays comme le Congo, Japon , l’Australie et la Corée du Sud avaient rejoint le groupe.

Le vice-président américain JD Vance a présenté ce projet visant à créer un bloc commercial dédié aux minerais critiques qui fixerait des prix planchers coordonnés.


Ces annonces font suite au lancement par le président Donald Trump, lundi, d’une réserve stratégique de minerais critiques (« Projet Vault ») soutenue par un financement initial de 10 milliards de dollars de la part de la Banque d’import-export des États-Unis et de 2 milliards provenant de fonds privés.


La Chine utilise son emprise sur le traitement de nombreux minerais comme levier géoéconomique en limitant parfois ses exportations, en faisant baisser les prix et en entravant les tentatives d’autres pays visant à diversifier leurs sources d’approvisionnement en matériaux utilisés dans les semi-conducteurs, les véhicules électriques ou encore les armes de pointe.


« Nous voulons mettre fin à l’afflux de minerais critiques à bas prix qui pénalisent nos fabricants », a déclaré JD Vance lors d’une réunion de ministres en visite à Washington, sans toutefois mentionner explicitement la Chine.


« Nous établirons des prix de référence pour les minerais critiques à chaque étape de la production, des prix qui reflètent la valeur réelle du marché. Pour les membres de la zone préférentielle, ces prix de référence serviront de plancher qui sera maintenu par des tarifs ajustables afin de garantir l’intégrité des prix », a-t-il ajouté.
Washington espère ainsi débloquer les investissements privés dans les projets d’exploitation minière et de transformation ayant du mal à rivaliser avec les capacités chinoises, moins coûteuses.
Cette approche pourrait remodeler les chaînes d’approvisionnement mondiales pour les matériaux essentiels aux technologies de pointe, tout en augmentant les coûts pour les fabricants à court terme et en exacerbant les tensions commerciales avec Pékin.


OUTILS POLITIQUES


L’année dernière, le renforcement des contrôles à l’exportation des terres rares par Pékin a entraîné des retards et des arrêts de production pour les constructeurs automobiles en Europe et aux États-Unis, tandis que la surabondance de lithium générée par la Chine a bloqué des projets de développement aux États-Unis.


Cette dépendance inquiète Washington et ses partenaires, qui s’efforcent depuis des années de mettre en oeuvre des politiques favorisant des alternatives durables pour l’extraction et le traitement du lithium, du nickel, des terres rares et d’autres minerais essentiels.


« La Chine joue depuis longtemps un rôle important et constructif dans le maintien de la sécurité et de la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales en minerais essentiels et elle est disposée à continuer à déployer des efforts actifs à cet égard », a déclaré à Reuters l’ambassade de Chine à Washington.
L’influence de Pékin s’est pleinement manifestée en octobre lorsque Donald Trump a accepté de réduire les droits de douane sur les produits chinois en échange d’un engagement à suspendre un durcissement des restrictions aux exportations de terres rares.


La réunion de mercredi illustre la volonté plus globale des États-Unis de travailler avec leurs partenaires pour contrer la domination de la Chine dans ce secteur en coordonnant leurs outils politiques, alors même que Donald Trump irrite ses alliés avec ses droits de douane.
La Corée du Sud, l’Inde, la Thaïlande, le Japon, l’Allemagne, l’Australie et la République démocratique du Congo faisaient partie des pays représentés lors de cette réunion.
Par Michael Martina, Simon Lewis, David Brunnstrom et Jarrett Renshaw à Washington.

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