La gestion de la crise par le silence total de toutes les parties.
Ni le département d’Etat américain ne veut commenter le refus d’un visa diplomatique A-1 à Paul Kagame. Yolande Makolo, la porte-parole du gouvernement rwandais préfère garder le silence.
Le silence permet de maintenir des canaux de négociation secrets via les services de renseignement et les émissaires spéciaux, sans la pression de l’opinion. Plutôt que de rompre publiquement, Kigali a choisi une réponse asymétrique en annulant sa participation à la réunion du Comité conjoint de suivi des Accords de Washington prévue le 22 avril.En effet, Le refus de visa à un chef d’État en exercice est une mesure d’une gravité extrême qui découle d’une détérioration progressive des relations début 2026. Début mars 2026, le Trésor américain a sanctionné l’armée rwandaise (RDF) et plusieurs hauts responsables, dont le ministre James Kabarebe, pour leur soutien continu aux rebelles du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.
Restrictions de visa en cascade pour les officiels rwandais
Ces sanctions ont été immédiatement suivies par une politique de restriction de visas imposée par le Département d’État américain contre les élites politiques et militaires rwandaises. Le refus opposé à Paul Kagame constitue le point culminant de cette escalade.
La position de neutralité d’Harvard, une Préservation institutionnelle
L’Université Harvard, qui devait initialement accueillir le président rwandais lors de son voyage académique, applique une stricte politique de non-commentaire.S’exprimer reviendrait soit à critiquer la décision souveraine de l’État américain en matière de sécurité nationale, soit à s’aligner sur une sanction politique, ce qui violerait le principe de neutralité de l’institution vis-à-vis des chefs d’État étrangers. Cette réserve de l’université Harvard protège la liberté de recherche en évitant qu’une prise de position officielle n’impacte les chercheurs ou les étudiants originaires du pays concerné le Rwanda. Pour des institutions comme Harvard, toute déclaration publique dans ce type de contexte présente un double risque. Blâmer les autorités américaines nuirait aux relations de l’université avec l’État et approuver une sanction ou une restriction extérieure transformerait l’université en agent politique, rompant son devoir de neutralité envers les dirigeants étrangers.
Aimé Binda