Cette offensive diplomatique de João Lourenço s’inscrit en effet dans un calendrier serré.
En effet, Le sommet de l’UA prévu à Addis-Abeba en février 2026, l’Angola doit transmettre la présidence tournante au Burundi, représenté par le président Évariste Ndayishimiye. Ce dernier héritera d’un dossier congolais complexe, alors que les relations entre Gitega et Kigali restent extrêmement tendues.
João Lourenço souhaite capitaliser sur son rôle de « Médiateur désigné par l’UA » avant la fin de son mandat pour pérenniser les accords de paix de Washington (signés fin 2025). Ces accords, qui visaient un cessez-le-feu durable entre la RDC et le Rwanda, sont actuellement fragilisés par la résurgence des combats.
Le Dialogue National comme « porte de sortie »
Pour Luanda, l’instauration d’un dialogue incluant l’opposition politique et la société civile congolaise est vue comme un moyen de consolider le front intérieur de Félix Tshisekedi. Cela permettrait de justifier diplomatiquement une ouverture de discussions avec les rebelles, tout en évitant l’image d’une capitulation militaire face à l’AFC/M23.
Pour l’Angola, réussir à stabiliser l’est de la RDC avant février 2026 est une question de prestige diplomatique. Un échec laisserait la main à une présidence burundaise qui est elle-même partie prenante au conflit (via ses troupes déployées en RDC), ce qui pourrait compliquer davantage toute médiation neutre.
Aime Binda