L’Angleterre s’était réveillée sous le choc le mardi 30 juillet suite à une tragédie survenue à Southport, dans le nord-ouest du pays. Un adolescent de 17 ans a été arrêté et placé en détention après une attaque au couteau lors d’un cours de danse, causant la mort de trois enfants. Selon les autorités, le drame s’est déroulé lors d’un cours sur le thème de la star américaine Taylor Swift, destiné à des élèves âgés de sept à onze ans.
L’adolescent inculpé est soupçonné d’être l’auteur de cette attaque meurtrière ayant également blessé gravement d’autres personnes. Les événements ont déclenché des manifestations violentes à travers le Royaume-Uni, marquées par des affrontements, des slogans anti-immigration et des pillages. Des heurts ont éclaté, notamment à Southport, mettant en lumière une montée de tensions et de violences.

Parallèlement, des spéculations ont émergé sur l’origine du suspect, Axel Muganwa Rudakubana, un adolescent de 17 ans originaire de Cardiff et fils d’immigrés rwandais. Ces rumeurs ont alimenté un mouvement d’émeutes d’extrême droite, exacerbant les tensions raciales et sociales dans le pays.
Les émeutes qui secouent actuellement l’Angleterre sont le théâtre de scènes de violence inédites depuis une décennie, marquant un tournant dans le pays. Sous le slogan « enough is enough » (« trop c’est trop »), les manifestants expriment leur colère face à ces événements tragiques et aux manipulations politiques qui les entourent.
Après la défaite des conservateurs au Royaume-Uni, et l’annonce de la fin du Plan Rwanda par le nouveau gouvernement travailliste au pouvoir, Kigali a mis les points sur les i : « Le remboursement de l’argent n’a jamais fait partie de l’accord ». Londres avait versé 280 millions d’euros au Rwanda pour que le pays africain prenne en charge les migrants arrivés illégalement sur le sol anglais. Et espérait les récupérer.

« I want my money back », avait lancé l’ancienne Première ministre Margaret Thatcher, en 1979. Quarante-cinq ans plus tard, les travaillistes reprendront-ils la célèbre formule de la Dame de Fer ? Arrivé au pouvoir après 14 ans de règne conservateur, le nouveau Premier ministre du Labour, Keir Starmer, avait annoncé l’abandon du controversé Plan Rwanda et aimerait bien que l’argent investi à Kigali revienne dans les caisses de l’État.
Cette attaque aurait été orchestrée par le service de renseignement rwandais dans le but d’attiser la haine raciale envers les migrants et de pousser le nouveau gouvernement britannique à rétablir le plan Rwanda en autorisant le transfert des migrants vers le Rwanda.

Une enquête récemment publiée le 28 mai par le site Forbidden Stories, affilié à l’association Freedom Voices Network regroupant des journalistes d’investigation du monde entier, met en lumière de nouvelles informations sur ces pratiques. Intitulé « Rwanda classified », ce projet a été réalisé par 50 journalistes provenant de 17 médias de 11 pays différents, incluant le journal Le Monde en France. Cette enquête démontre la capacité du régime de Paul Kagame à mener des actions à l’extérieur de ses frontières pour protéger son régime politique.
En cette période de crise, le Premier ministre Keir Starmer s’est engagé à rétablir l’ordre et à poursuivre les responsables des troubles, qu’ils sévissent dans les rues ou en ligne. Cette série d’événements souligne les défis auxquels est confrontée la société britannique, appelée à faire face à des divisions profondes et à une montée de la violence aux conséquences dévastatrices.
Roger Lazio