Les liaisons dangereuses du clan Tshisekedi avec les « cartels » de pilleurs de cobalt
Dans l’ex-Katanga, l’exploitation illégale de cuivre et de cobalt a atteint un niveau quasi industriel avec des revenus évalués à près de 2 milliards de dollars par an, rien que dans les concessions d’Eurasian Resources Group. Une situation que le minier kazakh subit de plein fouet, et qui commence à exposer le chef de l’État congolais. Sur plusieurs sites d’exploitations illégales, les « cartels libanais » se succèdent et s’entremêlent parfois aux réseaux d’opérateurs de Congo Futur.
Selon un récent rapport d’Africa Intelligence, l’entreprise accusée d’entretenir des liens avec le « cartel Congo Futur » est le sous-traitant minier MSL, dirigé par le Russe Sergey Steshenko.
MSL a initialement été chargé par Boss Mining de sécuriser sa concession et ses stocks sur site.
Le lien présumé : Selon le rapport, MSL s’est rapproché du « cartel Congo Futur » après la saisie par la justice congolaise d’une soixantaine de machines appartenant à des opérateurs libanais en 2023. Un conseiller du président Tshisekedi aurait déclaré que Congo Futur avait contribué au financement de MSL.
Le « cartel Congo Futur », issu du groupe agroalimentaire du même nom, est visé par des sanctions américaines depuis 2010 pour avoir prétendument canalisé des flux financiers vers le Hezbollah.
Les enquêteurs d’Eurasian Resources Group (ERG) affirment que l’exploitation minière illégale de cobalt et de cuivre, liée à ce réseau et à des individus proches de la famille présidentielle, génère des milliards et pourrait servir à financer le Hezbollah.
Démentis : MSL et l’ancien directeur général de Congo Futur, Rachid el-Chaer, ont nié toute implication dans des opérations minières artisanales.
Le réseau est soupçonné d’exploitation minière illégale sur les concessions d’ERG, notamment sur le site de Kalukundi. Le cartel est accusé d’utiliser des gardes armés, dont des membres de la force d’élite de l’armée congolaise, pour contrôler des milliers de mineurs artisanaux.
L’ancien directeur général de Congo Futur, Rachid el-Chaer, a nié toute implication dans des opérations d’exploitation minière artisanale. L’ancien fondateur de Congo Futur, Ahmed Tajideen, est également soupçonné d’être impliqué, mais el-Chaer insiste sur le fait que ni lui ni Tajideen n’ont de lien avec l’exploitation minière artisanale.
L’enquête de l’ERG suggère que Rachid el-Chaer et Ahmed Tajideen ont eu recours aux services du sous-traitant minier MSL. La société MSL est accusée d’avoir des liens avec le « cartel Congo Futur ».
Mohamed Saad, dirigeant d’une autre société, New Lebanese Business Co (NBLC), a travaillé comme sous-traitant pour MSL jusqu’en 2023, mais nie formellement tout lien avec le « cartel Congo Futur ».
Le rapport de l’ERG indique que l’activité minière illégale est liée à des individus proches du chef de l’État, le président Félix Tshisekedi. Plus précisément, le rapport désigne Christian Nyakeru, frère de la première dame, Joe Nyakeru, oncle du président, et Berthe Tshisekedi, sœur du président, comme étant activement impliqués.
Des membres de la famille présidentielle ont fermement réfuté les allégations contenues dans le rapport de l’ERG.
ERG, détenue à 40 % par l’État kazakh, perdrait 150 millions de dollars par mois en raison de l’exploitation minière illégale sur ses concessions. L’État kazakh a soulevé la question auprès de Kinshasa.
Avec Africa Intelligence