Dani al-Achkar a été arrêté en avril 2025. Selon Africa Intelligence, les autorités congolaises l’accusent de ne pas avoir honoré un contrat militaire de 31,5 millions d’euros portant sur la livraison de 50 000 roquettes de type RPG-76 pour le ministère de la Défense. Des soupçons de surfacturation pèsent également sur ce dossier. Après avoir été détenu par le renseignement militaire (ex-Demiap), il a été transféré au Conseil national de cyberdéfense (CNC), dirigé par Jean-Claude Bukasa. C’est sous l’égide du CNC (via l’assistant principal Jean-Julien Liongo Momanza) et avec l’intermédiation de l’ambassadeur du Liban en RDC, Haytham Ibrahim, qu’un accord a été trouvé en août 2025. Dani al-Achkar a versé 6,2 millions de dollars (un acompte de remboursement transitant par l’homme d’affaires Abed Achour). En échange de ce paiement, le CNC s’était engagé à lui fournir un téléphone et un logement individuel pendant 30 jours pour lui permettre de régler le litige contractuel. Malgré cela, ses avocats n’ont plus aucune nouvelle de lui.
La stratégie de la défense
Les avocats français du courtier, Mes Pierre-Olivier Sur et Constance Muller,
dénoncent fermement cette détention secrète et arbitraire. Ils s’appuient notamment sur des courriels de transporteurs aériens pour fragiliser les accusations du ministère de la Défense.
La défense affirme que le versement des 6,2 millions de dollars n’était pas volontaire, mais dicté par la contrainte en échange d’une promesse de libération. Ils rappellent que leur client n’a jamais été présenté à un juge, qu’il ignore les chefs d’accusation officiels et qu’il est maintenu au secret dans des conditions sanitaires dégradantes.
La preuve par les e-mails des transporteurs
Pour contrer l’accusation du ministère de la Défense (dirigé par Guy Kabombo Muadiamvita) affirmant que le courtier a délibérément bloqué les livraisons, les avocats brandissent des courriels de la compagnie Bonne Air Cargo. Ces messages prouvent que le transporteur a dû annuler le vol de livraison prévu début février 2026, après avoir été officieusement alerté que l’avion, l’équipage et la cargaison seraient immédiatement immobilisés à Kinshasa sous prétexte que le certificat d’utilisateur final était devenu caduc. Selon la défense, ce sont donc les autorités congolaises elles-mêmes qui ont sciemment bloqué l’exécution du contrat.
Le courtier en armement libanais Dani al-Achkar, patron de la société turque Prince Invest Group, est détenu de manière jugée arbitraire depuis avril 2025 à Kinshasa par les services de sécurité de la République démocratique du Congo (RDC), spécifiquement par le Conseil national de cyberdéfense (CNC) dirigé par Jean-Claude Bukasa.
Coco Kabwika