Odrek Rwabwogo, Muhoozi Kainerugaba,Salim Saleh et Desire Muhooza : La famille de Yoweri Museveni étend son emprise sur le trafic de l’or, bois, café et le pétrole en provenance de la RDC‎


‎
Les Museveni étendent leur contrôle sur les routes commerciales entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo.
‎Plusieurs membres du clan présidentiel jouent un rôle essentiel sur les échanges de ressources, principalement en provenance de la RDC voisine. De son côté, l’armée ougandaise assure la sécurisation des axes commerciaux vers Kampala, a rapporté Africa Intelligence.
‎
‎La famille du président ougandais Yoweri Museveni étend son emprise sur les routes commerciales entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC).
‎ Plusieurs membres de la famille présidentielle, dont le gendre de Museveni, Odrek Rwabwogo (à la tête du Comité consultatif présidentiel sur les exportations et le développement industriel, PACEID), sont impliqués dans le contrôle des flux commerciaux transfrontaliers, notamment pour des produits comme le café et les produits laitiers.Odrek surveille les flux commerciaux à la frontière congolaise avec pour objectif principal  de revitaliser la route commerciale traversant Lubero, ville frontalière contrôlée par le M23 et riche en café.
‎
‎Le général Muhoozi Kainerugaba, fils de Museveni et actuel chef d’état-major des armées,  joue un rôle déterminant dans l’« Opération Shujaa » en RDC, qui vise à combattre les insurgés mais aussi à sécuriser les routes commerciales stratégiques et les intérêts pétroliers. Il a déjà été cité dans des rapports de l’ONU comme un acteur clé du trafic illicite des ressources naturelles congolaises.
‎
‎Le général (à la retraite) Salim Saleh, demi-frère influent de Museveni et conseiller présidentiel de haut rang pour la défense et la sécurité, exercerait un contrôle strict sur le secteur minier, notamment sur l’or, qui représente une part importante des exportations ougandaises (en grande partie provenant de la contrebande de la RDC). Il a déjà été accusé, dans des rapports de l’ONU, d’avoir dirigé des réseaux de pillage des ressources congolaises.
‎
‎Desire Muhooza, proche de Salim Saleh, a acquis une influence considérable et participe à des activités diplomatiques et commerciales, en particulier sur les questions minières.
‎


‎
‎Rôle de l’armée dans la sécurisation des axes commerciaux vers Kampala
‎


‎
‎L’armée ougandaise (UPDF) joue un rôle décisif dans la sécurisation des routes commerciales menant à Kampala, y compris la protection des chantiers de construction routière et des sites pétroliers ougandais près du lac Albert. L’Ouganda et la RDC ont convenu de financer conjointement la construction et la réhabilitation de plus de 1 100 km de routes transfrontalières (comme les axes Kasindi-Beni-Butembo et Bunagana-Rutshuru-Goma) dans le but officiel de stimuler les échanges commerciaux. La construction de ces routes a suscité des soupçons de corruption et d’irrégularités, avec des allégations impliquant le frère du président Museveni dans l’attribution de contrats. Ces projets sont également liés aux indemnisations que l’Ouganda doit verser à la RDC pour le pillage de ressources pendant la Seconde guerre du Congo. Le contrôle de ces routes et des ressources (minerais, pétrole) est un enjeu stratégique majeur dans la région, dans un contexte d’intégration de la RDC à la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). L’influence de l’UPDF s’est étendue au-delà de ses zones de mission initiales. Près de 10 000 soldats seraient désormais déployés au Nord-Kivu, souvent dans des zones où l’ADF est absente, mais cruciales pour le contrôle des territoires riches en minéraux et des routes de contrebande.
‎Des rapports de l’ONU suggèrent que les services de renseignement et les forces armées ougandaises ont participé à la protection et à la facilitation des importations illicites d’or et d’autres minéraux en provenance de la RDC.
‎
‎Aimé Binda

Partage