Congo Airways a acquis un Embraer E190 vieux de 18 ans : accablée par une dette de plus de 80 millions de dollars, ses employés avec 10 mois d’arriérés de salaire dénoncent officiellement le PDG Alexandre Tshikala Mukendi

À l’arrêt depuis près de huit mois, la compagnie aérienne nationale mise sur l’exploitation d’un nouvel appareil pour sortir la tête de l’eau. Minée par les dettes et plus de dix mois de salaires impayés, l’entreprise joue désormais sa survie a rapporté Africa Intelligence.

Congo Airways prévoit une tentative de reprise de ses vols commerciaux en janvier 2026 après une interruption de près de huit mois. Ce retour timide est marqué par de graves difficultés financières et opérationnelles, la compagnie aérienne luttant pour sa survie.
La relance repose sur un unique Embraer E190 de 18 ans. Cet appareil, précédemment exploité par Sky High (République dominicaine), était en maintenance lourde à Toulouse, en France, depuis septembre 2025.
Afin de protéger cet actif de l’endettement direct de la compagnie aérienne, l’Embraer a été acquis par son actionnaire majoritaire, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), qui le louera ensuite à Congo Airways.

En misant sur les Embraer, la compagnie pourrait renoncer à remettre en service ses deux Airbus A320, immobilisés au sol depuis 2023.Ses deux Airbus A320 et ses deux Dash 8 sont toujours hors service, principalement pour des problèmes de moteurs et de maintenance lourde.

La compagnie a réceptionné fin décembre 2025 un Embraer E-190 de 90 places. Cet appareil permet d’éviter l’expiration du Certificat de Transporteur Aérien (CTA), prévue pour décembre 2025, ce qui aurait forcé la compagnie à reprendre tout le processus de certification à zéro.

La compagnie a une dette estimée à plus de 80 millions USD et accumule plus de 10 mois d’arriérés de salaires fin 2025.
La relance de Congo Airways est assombrie par le décollage réussi d’Air Congo, la nouvelle compagnie née d’un partenariat entre la RDC et Ethiopian Airlines.En service depuis fin 2024, Air Congo affiche des taux de remplissage de 80 à 100 % avec ses Boeing 737, s’imposant comme la nouvelle priorité gouvernementale pour le désenclavement du pays. En résumé, si l’arrivée du nouvel Embraer offre une bouffée d’oxygène pour 2026, Congo Airways reste dans une position fragile, cherchant encore un modèle de croissance viable face à sa dette et à la montée en puissance de sa concurrente directe.

Coco Kabwika

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