Le barrage de Ruzizi III est un projet de 1,2 milliard de dollars situé à la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le Burundi.
Bien que ce projet soit en développement depuis plus de vingt ans, son achèvement est récemment devenu un enjeu régional, soutenu par l’administration américaine, qui considère sa construction comme une mesure de confiance entre la RDC et le Rwanda.
Les principaux actionnaires privés du projet, dont TotalEnergies et le Fonds Aga Khan pour le développement économique (AKFED), militent actuellement pour la création d’une zone démilitarisée (ZDM) autour du barrage.
TotalEnergies (qui détient 20 % des parts) et AKFED (via sa filiale Industrial Promotion Services) considèrent la zone démilitarisée (ZDM) autour du barrage
comme une garantie de sécurité indispensable. Ils craignent que, sans cette reconnaissance, les bailleurs de fonds internationaux n’abandonnent définitivement le projet, en développement depuis plus de 20 ans.
Lors de discussions de haut niveau à Washington les 17 et 18 mars 2026, le gouvernement de la RDC s’est formellement opposé à la zone démilitarisée (ZDM) autour du barrage(DMZ) . Les négociateurs de Kinshasa soutiennent qu’une telle zone compromettrait la souveraineté nationale et profiterait de manière disproportionnée au Rwanda dont une part importante des infrastructures étant située du côté rwandais du fleuve Ruzizi.
Ronan Masseron, représentant de TotalEnergies pour la région des Grands Lacs, s’est rendu à Kinshasa en mars 2026 et devrait tenir des réunions de suivi en avril afin de débloquer la situation.
Ce projet demeure un pilier de la stratégie de l’administration Trump pour les Grands Lacs et constitue une mesure clé pour instaurer la confiance dans le cadre du traité de paix signé en juin 2025. Une fois opérationnelle (prévue pour 2030), la centrale de 206 MW fournira de l’électricité à environ 30 millions de personnes en RDC, au Rwanda et au Burundi.
Le projet devrait doubler la capacité énergétique actuelle du Burundi et augmenter celle du Rwanda d’environ 33 %.
En outre, Les négociations avec les deux consortiums de construction restants – Nurol-DL/Summa et Orascom-DEC – devraient aboutir au premier semestre 2026, sous réserve d’une résolution des problèmes sécuritaires et diplomatiques.
Les actionnaires et les donateurs considèrent la zone démilitarisée (DMZ) comme une condition non négociable pour garantir l’investissement massif requis, compte tenu de la situation du site dans une région frontalière instable.
Les investisseurs craignent qu’en cas d’échec de l’accord sur la zone démilitarisée (ZDM) autour du barrage
, le projet – pour lequel des dizaines de millions de dollars ont déjà été dépensés en études préliminaires – soit définitivement abandonné.
L’administration américaine (et plus précisément l’administration Trump, selon les rapports de fin 2025/début 2026) a intégré Ruzizi III à sa stratégie diplomatique globale pour la région des Grands Lacs. La société américaine Anzana Electric Group est en négociations pour acquérir une participation de 10 % dans le projet, renforçant ainsi l’intérêt commercial des États-Unis.
Aimé Binda