Selon les informations révélées par Africa Intelligence, les diplomates et experts en médiation suisses Nicolas de Torrenté et Georg Stein font face à d’importantes difficultés pour faire progresser les discussions entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et le mouvement rebelle AFC-M23.La diplomatie suisse tente de stabiliser son rôle de facilitateur dans un contexte géopolitique hautement complexe
Un processus sous haute tension à Montreux
Lors du premier round de discussions organisé en Suisse, Nicolas de Torrenté et Georg Stein ont mené les échanges pour tenter d’harmoniser les positions des deux délégations. Berne exprime de fortes réserves face aux approches de Washington (représenté par les équipes de Massad Boulos, conseiller de Donald Trump) et de Doha. Ces derniers privilégient une forte médiatisation et un calendrier très serré (45 à 60 jours) pour arracher des accords d’étape. Les médiateurs suisses préfèrent un travail de l’ombre visant à consolider durablement les conclusions avant de communiquer, évitant ainsi des engagements non respectés car négociés trop à la hâte.La discrétion de la première réunion de Montreux, du 13 au 17 avril, illustre la diplomatie suisse, caractérisée par sa discrétion. Nicolas de Torrenté et Georg Stein ont délibérément choisi de travailler à l’abri des regards afin d’éviter les mises en scène médiatiques qui font souvent dérailler ces négociations délicates. Or, cette stratégie est aujourd’hui mise à rude épreuve, car la confiance instaurée durant ces cinq jours d’avril s’est largement évaporée.
Impasse sur le terrain et Désaccord sur la liste des prisonniers
L’équipe juridique de Kinshasa refuse catégoriquement de libérer les 166 détenus réclamés par le mouvement rebelle AFC/M23. Elle affirme que nombre d’entre eux ne sont pas des prisonniers politiques, mais des individus représentant une menace à haut risque pour la sécurité nationale. Les médiateurs Nicolas de Torrenté et Georg Stein n’ont pas réussi à faire accepter un ordre du jour révisé aux deux délégations pour les négociations de juin. Par conséquent, la session de suivi initialement planifiée pour le début du mois de juin 2026 a été purement et simplement annulée. Pendant que Kinshasa mise sur son réarmement et ses appuis diplomatiques, l’AFC-M23 (soutenu par le Rwanda) refuse les concessions majeures, allant jusqu’à menacer de déclarer l’indépendance des territoires sous son contrôle face au projet congolais de révision constitutionnels. En outre, le mouvement rebelle M23 propose aux américains un accès aux minerais critiques dans le territoire qu’il contrôle notamment la mine de Rubaya.
Aimé Binda