Didier Nzati, responsable d’ERG/Metalkol accuse l’entreprise chinoise Chengtun Congo Resource (CCR) d’être le destinataire principal du pillage quasi-industriel de cuivre et cobalt dans les concessions Metalkol

La situation autour de la concession de Metalkol (filiale du groupe kazakh Eurasian Resources Group – ERG) en République démocratique du Congo illustre le fossé persistant entre les directives présidentielles et la réalité du terrain.
Malgré les injonctions claires de Félix Tshisekedi formulées en Conseil des ministres en juillet, ordonnant la fin définitive de toute forme de militarisation illégale des sites miniers, le site de Metalkol, situé près de Kolwezi dans la province du Lualaba, fait face à une nouvelle vague d’occupation illégale,a rapporté Africa Intelligence.

Un pillage à l’échelle quasi-industrielle

Débutée le 21 août 2026, la nouvelle incursion n’est pas le fait de simples creuseurs artisanaux isolés. Environ 700 tonnes de résidus miniers (tailings) riches en cuivre et cobalt sont extraites et évacuées quotidiennement de la concession.Le groupe ERG a dénoncé la présence active d’hommes armés en uniforme (militaires de la FARDC ou de la Garde républicaine) protégeant les exploitants clandestins et interdisant l’accès au site aux équipes légitimes de l’entreprise.l’intrusion massive d’hommes en uniformes des FARDC s’est notamment traduite par l’enlèvement de neuf employés d’une entreprise sous-traitante, forçant le blocage total des activités de la filiale d’ERG sur cette partie stratégique de sa concession.Privées d’accès à la zone appelée « Saddam village », les équipes de ERG ne peuvent plus sécuriser ni exploiter ces gisements indispensables.

Le site « Village Saddam » est une zone minière stratégique située au cœur de la concession privée de l’entreprise Metalkol (filiale du groupe Eurasian Resources Group – ERG), dans la cité de Musonoï à Kolwezi, dans la province du Lualaba .
Ce site fait régulièrement la une de conflits majeurs liés à l’extraction illégale de minerais (notamment le cobalt et le cuivre).

Les alertes de Didier Nzati

Didier Nzati, responsable juridique et dirigeant au sein d’ERG/Metalkol en RDC, a adressé plusieurs correspondances officielles pour dénoncer des intrusions violentes. Il a notamment signalé l’incursion d’hommes armés en uniforme, accompagnés d’individus décrits comme étant d’apparence chinoise, venus stopper les activités régulières de l’entreprise ERG Les enquêtes et la correspondance confidentielle envoyée par Didier Nzati à l’ambassade de Chine en RDC pointent directement vers l’entreprise chinoise Chengtun Congo Resource (CCR). CCR est soupçonnée d’être la plaque tournante ou le destinataire majeur de ces minerais pillés, transportés par dizaines de camions hors de la concession.Ces opérations illégales, menées à l’aide d’excavatrices et de camions qui se relaient jour et nuit, constituent un vol de résidus de cobalt à l’échelle industrielle. Ce détournement massif menace directement la viabilité commerciale de l’usine de Metalkol, l’un des plus grands fournisseurs mondiaux de cobalt.

Rédaction

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