Les objectifs stratégiques du Rwanda semblent s’aligner plus étroitement sur ceux de l’aile militaire que sur ceux de l’AFC, d’après les experts de l’ONU.D’ou le Rwanda a décidé le maintien de Sultani Makenga au commandement militaire du M23 pour la stabilité et la cohésion tout en évitant la naissance d’une dissidence militaire au sein du M23 des partisans Makenga .
Le complot présumé visant à réorganiser l’AFC-M23 en écartant Sulutani Makenga souligne les tensions qui se sont aggravées le long d’un troisième clivage entre les branches militaire et civile du M23 . Le M23 est un mouvement à deux niveaux, avec un parapluie politique national sous l’égide de l’AFC et une armée et des services de sécurité dirigés par les principaux commandants militaires du M23, qui prennent tous deux les directives stratégiques du Rwanda. Nangaa a utilisé l’AFC pour élargir les alliances du M23 avec d’autres groupes armés en RDC et tenter d’attirer des politiciens et des chefs d’entreprise congolais déçus par le régime du président de la RDC, Félix Tshisekedi.
L’ancien président de la RDC Joseph Kabila est aligné de manière informelle avec le M23 et a effectué de fréquentes visites dans les zones contrôlées par le M23 depuis mai 2025. L’aile militaire du mouvement est dirigée par des commandants tutsis congolais vétérans du CNDP et d’anciennes rébellions, tout en incluant des soldats des FARDC et d’autres officiers du régime de Tshisekedi qui ont fait défection . Makenga a une influence significative sur l’AFC et l’administration du territoire du M23, puisque selon les experts de l’ONU , l’AFC avait besoin d’une approbation spécifique de Makenga pour toutes ses actions.
L’objectif déclaré de l’AFC est de renverser le régime de Tshisekedi et de reconstruire l’Etat congolais. Nangaa l’affirme fréquemment publiquement et souligne l’intention de l’AFC-M23 de marcher sur Kinshasa, la capitale congolaise à plus de 1 000 kilomètres du Nord et du Sud-Kivu, et d’autres grandes villes congolaises de la RDC.

L’AFC-M23 a abandonné sa demande principale d’intégration dans les FARDC et propose maintenant de créer une nouvelle armée nationale dans laquelle les forces des FARDC s’intégreraient. Ces vastes efforts de construction de l’État et les demandes de fédéralisme dans les négociations politiques suggèrent que son ambition première est de sécuriser une région autonome distincte de Kinshasa plutôt que les conditions d’amnistie et d’intégration ou de partage du pouvoir national comme dans les négociations passées. Les experts de l’ONU ont également affirmé en juillet 2026 que « la plupart des dirigeants militaires du M23 s’opposent à participer à des opérations militaires » au-delà des Kivus. Une campagne militaire loin au-delà des Kivus éloignera les forces de ses lignes d’approvisionnement et les zones d’appui arrière situées près de la frontière avec le Rwanda et dans le Nord-Kivu. Une campagne Vers Les Grandes villes mettrait en péril le contrôle du territoire et l’influence que le M23 a acquis ces dernières années et s’écarterait de son objectif principal déclaré de protéger les intérêts de la communauté tutsie congolaise dans les Kivus. Une campagne militaire nationale pour le renversement de Tshisekedi déplacerait également l’influence vers les dirigeants de l’aile politique, tels que Nangaa et Kabila au detriment de l’élite militaire tutsie .
Les objectifs stratégiques du Rwanda semblent s’aligner plus étroitement sur ceux de l’aile militaire que sur ceux de l’AFC, d’après les experts de l’ONU
Le Rwanda peut jouer le rôle d’arbitre en ce qui concerne la consolidation territoriale. Les objectifs stratégiques du Rwanda semblent s’aligner plus étroitement sur ceux de l’aile militaire que sur ceux de l’AFC, d’après les experts de l’ONU. Les experts de l’ONU ont affirmé en juillet 2025 que l’objectif principal du Rwanda était de contrôler le territoire en RDC et que le Rwanda et le M23 étaient opposés à une offensive sur Kinshasa, mais pas à la notion de changement de régime. Le rapport affirme que le contrôle du M23 sur les Kivus a assuré l’accès du Rwanda aux terres et aux ressources dans l’est de la RDC, à neutraliser les FDLR et a contribue à accroître l’influence politique du Rwanda en RDC.Les experts de l’ONU ont affirmé en juillet 2025 que le Rwanda est inquiet des ambitions de l’aile politique du M23 et se méfie de Nangaa en raison de son « ambition personnelle » et de déclarations répétées dans les médias sur la prise de Kinshasa par la force. Ce qui explique que Le Rwanda n’a pas soutenu le prétendu complot visant à évincer Makenga. le Rwanda donne la priorité à la cohésion du commandement militaire plutôt qu’à un changement de direction après que Nzenze ,chef de renseignements militaires du M23, ait découvert le complot. D’après plusieurs analystes, le Rwanda pourrait être réticent à donner un certain pouvoir à l’aile politique, compte tenu de ses efforts pour contrôler Nangaa et l’AFC.
Les tensions actuelles au sein du M23 reflètent le clivage militaro-civil, mais aussi un mélange de fractionnalisme, de différends de longue date et de rivalités qui recoupent les deux ailes et leurs partenaires étrangers au Rwanda et en Ouganda. L’ancien associé de Ntaganda, Ngaruye, est devenu le commandant des opérations du M23 après avoir rejoint Makenga, mais a ensuite été transféré au commandement du secteur nord de la ville de Rutshuru dans le Nord-Kivu pour des raisons obscures vers la mi-2025.en effet , les relations entre Makenga et Ngaruye se sont détériore et que leurs associés et les membres de leur famille se disputent à propos de la collecte des revenus et du favoritisme.Selon Le rapport de Africa Intelligence , les présumés comploteurs de l’aile politique voulaient installer Ngaruye comme commandant militaire principal du M23, mais il reste difficile de savoir si Ngaruye était directement impliqué dans le complot.Le rapport indique en outre que des responsables du M23 et des officiers soupçonnés d’être impliqués dans le complot étaient arrêtés.
Yales Ford