La République démocratique du Congo a remplacé le PDG et le président de la société minière d’État Gecamines en partie à cause de leur opposition au projet de Virtus Minerals, soutenu par les États-Unis, de racheter Chemaf.
Alors que Kinshasa cherche à développer un partenariat minier avec Washington, le président Félix Tshisekedi a démis lundi Guy Robert Lukama et Placide Nkala Basadilua de leurs fonctions respectives de président et de directeur général de la Gécamines, les remplaçant par Deogratias Ngele Masudi et Baraka Kabemba.
Appuyé par de hauts responsables du National Security Council et du département d’État, l’opérateur américain Virtus Minerals doit désormais obtenir l’agrément du pouvoir de Félix Tshisekedi pour procéder au rachat des mines de cuivre et de cobalt de Chemaf. À Kinshasa, la pression américaine suscite méfiance et crispations au sommet de l’État, a rapporté Africa Intelligence.
De hauts responsables du Conseil national de sécurité (NSC), dont David Copley (conseiller spécial pour les minéraux critiques), et du département d’État comme Christopher Kulukundis (conseiller principal pour les affaires africaines), ont activement plaidé en faveur du rachat du Chemaf par Virtus Minerals .David Copley, conseiller spécial pour les minéraux critiques a lui même envoyé un email aux autorités congolaises pour appuyer le deal du rachat de Chemaf par Virtus Minerals.
Washington fait pression sur le gouvernement de Félix Tshisekedi pour que les actifs de Chemaf soient cédés à l’opérateur américain Virtus Minerals,ce groupe, dirigé par d’anciens membres des services de renseignement et des forces spéciales américaines.
Malgré le rapprochement diplomatique récent, le pouvoir congolais hésite à accorder son feu vert. Cette réticence s’explique par une méfiance croissante au sommet de l’État congolais face à l’influence américaine et par la volonté de ne pas fragiliser d’autres partenariats stratégiques. L’administration congolaise est divisée . Certains responsables congolais doutent des capacités techniques et financières de Virtus Minerals à gérer les mines, compte tenu du manque d’expérience de l’entreprise dans le secteur minier.
Lors de son voyage à Washington début février 2026, le président Tshisekedi a aussi fait part de ses réserves concernant Virtus Minerals à sa délégation.Louis Watum a laissé entendre en privé que Virtus Minerals n’avait pas démontré sa capacité à assurer la relance des actifs de Chemaf.
Notons que La société congolaise Buenassa a formulé une offre concurrente de 1,5 milliard de dollars, jugée plus avantageuse par responsables congolais face aux 30 millions de Virtus Minerals soutenu par l’administration Trump .
Aimé Binda