Le Cercle d’études pour la protection de l’enfant et de la famille (CEPEF) est une organisation non gouvernementale créée à l’initiative de chercheurs et d’experts en travail social. Elle œuvre pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille, ainsi que pour la réinsertion socioéconomique des enfants et des jeunes vivant dans la rue.
Outre sa mission de constituer une voix collective et amplifiée en faveur de la protection de l’enfance et de la famille, en République démocratique du Congo et dans le monde, conformément aux valeurs universelles, le CEPEF accompagne les acteurs sociaux dans leurs interventions auprès des enfants et des familles en situation de vulnérabilité, notamment les enfants en rupture familiale.
C’est dans cette perspective que ses chercheurs universitaires se sont investis dans l’analyse de la vie quotidienne au sein d’un centre d’hébergement transitoire, considéré comme l’une des mesures alternatives de protection des enfants en rupture familiale.
Il est à noter que la vie dans un centre d’hébergement est organisée et rythmée tout au long de la journée et de la semaine. Deux outils permettent cette organisation : un planning « vertical », qui retrace les différents moments de la journée, et un planning « horizontal », qui présente les principales activités de la semaine.
Conçus avec la participation des enfants, ces outils répondent aux différents besoins des enfants hébergés, notamment en matière d’alimentation, de scolarité, d’hygiène, de santé, de loisirs et d’accompagnement éducatif.
1. L’alimentation
Selon le type de centre d’hébergement et l’âge des enfants accueillis, les repas sont préparés soit par les enfants eux-mêmes, sous la supervision d’un éducateur ou d’un assistant social, soit par une ménagère chargée de la préparation et du service des repas.
Dans certains centres, cette dernière prépare et sert le repas en fin d’après-midi, souvent au retour des enfants de l’école. La vaisselle est généralement effectuée par un groupe d’enfants, selon une répartition des tâches préétablie.
2. La scolarité et la formation professionnelle
Tous les enfants hébergés dans un centre bénéficient d’un parcours scolaire ou d’une formation professionnelle adaptée à leur niveau. La scolarité et la formation constituent des éléments essentiels de leur accompagnement.
Les enfants sont généralement inscrits dans les établissements scolaires les plus proches du centre d’hébergement transitoire. Afin de prévenir les distractions et les retards, certains acteurs sociaux les accompagnent sur le chemin de l’école.
Le planning quotidien prévoit également des moments de soutien scolaire. Dans le cadre du suivi pédagogique, les éducateurs restent en contact régulier avec les établissements scolaires afin de s’informer des résultats des enfants, de leur assiduité et de leur comportement en milieu scolaire. Ce suivi s’effectue notamment au moyen d’un cahier de correspondance ou de rencontres régulières avec les responsables des écoles.
3. L’hygiène et la propreté
L’hygiène et la propreté constituent des éléments importants dans l’apprentissage de la vie en collectivité et le développement de l’autonomie de l’enfant.
Chaque jour, un moment est réservé à la toilette, souvent avant que les enfants ne revêtent leur uniforme pour se rendre à l’école. La lessive est effectuée par les enfants eux-mêmes, sous la supervision d’un acteur social. Cette activité est programmée à un jour précis afin d’en assurer la régularité.
L’entretien du cadre de vie est également quotidien. Chaque jour, une équipe d’enfants est chargée de balayer la parcelle et la maison, contribuant ainsi au maintien d’un environnement propre et agréable.
4. La santé
Les éducateurs sociaux assurent l’accompagnement sanitaire des enfants. Le centre est généralement affilié à un service médical vers lequel les enfants sont orientés lorsqu’ils ont besoin de soins.
Cet accompagnement contribue à la protection de leur santé et à leur bien-être au quotidien.
5. Les loisirs et les temps de détente
Chaque jour, des moments de loisirs sont prévus en fonction de l’âge et des centres d’intérêt des enfants. Le football occupe souvent une place importante parmi les activités pratiquées par les garçons.
D’autres enfants s’adonnent aux jeux de société, au dessin ou au bricolage.
Au-delà de leur dimension récréative, ces activités constituent des moyens d’apprentissage. Les éducateurs s’en servent pour transmettre aux enfants des compétences utiles à la vie quotidienne, en complément des causeries éducatives et des réunions.

6. Les temps d’échange avec les enfants
Pour l’éducateur, la parole constitue un outil essentiel d’accompagnement. Chaque jour, des moments d’échange sont organisés avec les enfants, en tenant compte des périodes où ils sont les plus réceptifs, notamment le matin ou en fin de journée.
Ces moments prennent la forme de causeries éducatives qui complètent les entretiens individuels. Ils permettent aux enfants de s’exprimer, de partager leurs préoccupations et de bénéficier d’un accompagnement adapté à leurs besoins.
7. La socialisation
Chaque structure dispose d’un projet éducatif, outil indispensable à l’accompagnement des enfants dans l’acquisition des compétences nécessaires à la vie quotidienne et en société.
Ce projet vise notamment à développer le savoir-être et le savoir-faire, tout en favorisant l’intégration sociale des enfants. Le centre encourage ainsi les relations avec le voisinage, les enfants du quartier et les camarades des établissements scolaires qu’ils fréquentent.
8. La spiritualité
Tout prosélytisme religieux est prohibé. Toutefois, les centres d’hébergement peuvent favoriser l’accompagnement spirituel des enfants et leur permettre de pratiquer une religion, dans le strict respect des convictions et du libre choix de chacun.
9. Les outils d’accompagnement et de suivi
Plusieurs outils contribuent à l’organisation et au bon fonctionnement du centre.
Le cahier de bord retrace les événements et les activités qui se déroulent au sein de la structure, facilitant ainsi l’implication et le suivi du travail de chaque éducateur social.
Le cahier de communication assure la liaison entre le centre et l’établissement scolaire. Le cahier de registre permet d’enregistrer quotidiennement la présence de chaque enfant au centre, tandis que le tableau de service répartit les tâches entre les différents groupes d’enfants.
Enfin, le règlement d’ordre intérieur et les plannings doivent être affichés dans des endroits accessibles à tous afin de faciliter leur consultation et leur respect.
Le CEPEF : valoriser les savoirs et les pratiques sociales
Le CEPEF ne se limite ni au renforcement des capacités des travailleurs sociaux ni à la publication d’études ou d’actes de colloques. Il entend également rendre compte de lectures individuelles, discutées collectivement et harmonisées en vue de leur exploitation sur le terrain.
À travers cette démarche, le CEPEF souhaite convaincre les travailleurs sociaux, les formateurs, les praticiens et les chercheurs qu’il est possible de capitaliser les connaissances issues des lectures et des expériences sociales, puis de les partager oralement, par écrit et à travers des actions concrètes, en adoptant un minimum de règles de conduite.
Zagor MUKOKO – SANDA