Le groupe minier chinois Chengtun Mining Group tente de s’emparer d’une participation stratégique de 300 millions de dollars dans un gisement de cuivre et de cobalt situé dans la province du Lualaba, en République démocratique du Congo (RDC). L’actif visé correspond selon les observateurs au permis d’exploitation PE 11599, localisé près de Kolwezi, qui appartenait initialement à la société étatique congolaise Gécamines. Via sa filiale Prééminence Holdings, Chengtun Mining rachète 50 % des parts de la société Nkoyi Leopard Mining and Investment. Cette acquisition permet au groupe chinois de s’octroyer une participation indirecte de 30 % dans les droits miniers du gisement. L’actif Chengtun est resté très évasif auprès de la Bourse de Shanghai (SSE) sur la cible exacte, mais les enquêtes d’Africa Intelligence confirment qu’il s’agit bien d’anciennes concessions de la Gécamines.Ce permis hautement stratégique avait fait l’objet d’un accord de cession en septembre 2025 au profit de Kabulungu Kamilombe Mining (KKM). KKM est une joint-venture entre la Gécamines et Falcon Resources, une entité directement liée à International Resources Holding (IRH). IRH est une puissante filiale d’International Holding Co (IHC), le conglomérat d’Abou Dabi (Émirats arabes unis) dirigé par Tahnoon bin Zayed Al Nahyan.En négociant ce deal de 300 millions de dollars avec les structures intermédiaires créées par la partie émirienne (Novel Mining et Nkoyi), Chengtun Mining s’immisce directement dans un actif qu’Abou Dabi venait à peine de sécuriser. Le périmètre couvre un territoire riche de 10,922 km² dans la ceinture cuprifère d’Afrique centrale.
Les droits d’exploitation du site courent jusqu’en janvier 2040.Le gisement se situe à moins de 51 kilomètres des autres usines de fusion métallurgique déjà détenues par Chengtun dans la région.Le projet n’est pas encore en production commerciale. Le plan initial prévoit 18 mois de construction suivis de 24 mois de montée en puissance progressive.Cette offensive illustre la rivalité féroce entre les capitaux du Golfe et les géants miniers chinois pour le contrôle des métaux critiques indispensables à la transition énergétique en RDC
Aimé Binda