Kinshasa fait pression sur Al Mada, la holding de la famille royale marocaine (dirigée par le roi Mohammed VI), afin qu’elle ouvre le capital de sa filiale congolaise Congo Equipment.
Cette offensive s’inscrit dans le cadre d’un durcissement réglementaire mené par la République démocratique du Congo (RDC) concernant l’accès des entreprises étrangères aux marchés locaux.
Le contrôle total d’Al Mada comme l’unique actionnaire de Congo Equipment
En juin 2026, Tractafric Equipment International (filiale d’Optorg, elle-même contrôlée par la holding marocaine Al Mada) a racheté les 50 % de parts restants de Bartrac Equipment auprès du sud-africain Barloworld Equipment. Suite à ce rachat, le groupe marocain est devenu l’unique actionnaire de Congo Equipment. Fondée en 2007, Congo Equipment est le concessionnaire exclusif de la marque Caterpillar (CAT) dans la région minière de l’ex-Katanga (notamment le Haut-Katanga et le Lualaba). Elle joue un rôle névralgique et ultra-stratégique pour l’économie congolaise en fournissant et en assurant la maintenance des engins lourds utilisés par les géants miniers de cuivre et de cobalt. étant donné que Congo Equipment détient les droits de distribution exclusifs des engins Caterpillar dans les zones stratégiques de production de cuivre et de cobalt, situées dans l’ancienne région du Katanga, le gouvernement considère cette entreprise comme un fournisseur d’infrastructures critiques, et non comme un simple distributeur privé. Les autorités de régulation à Kinshasa exercent des pressions ciblées pour garantir que les principaux fournisseurs miniers étrangers ne contournent pas les règles relatives au contenu local.
Face à ce monopole désormais détenu à 100 % par des capitaux marocains, les autorités de Kinshasa font pression pour forcer la holding royale à introduire en bourse ou à ouvrir l’actionnariat de Congo Equipment à des investisseurs locaux ou publics congolais.
Ted Beleshayi Kasanda, le nouveau directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) en RDC, mène une révision agressive des accords liant les groupes étrangers aux acteurs locaux.Dans les mines de cuivre et de cobalt de l’ex-Katanga, les engins de chantier, excavatrices et camions hors-normes (souvent fournis par Caterpillar via Congo Equipment) sont le poumon de l’extraction. Si ces machines s’arrêtent ou manquent de pièces de rechange, c’est toute la chaîne mondiale de production de métaux pour la transition énergétique qui est paralysée.
La vision de Kinshasa
En considérant Congo Equipment non plus comme une simple entité commerciale privée mais comme un fournisseur d’infrastructure critique, le gouvernement s’octroie un droit de regard renforcé. Cela légitime une intervention étatique plus poussée au nom de la sécurité nationale et de la continuité économique.
Rédaction