Dette de 22 millions de dollars :Le Mozambique refuse de payer les soldats rwandais au grand dam de TotalEnergies et ExxonMobil

Les relations entre le Mozambique et le Rwanda traversent une période de tension accrue principalement en raison d’un désaccord sur la prise en charge financière des quelque 5 000 soldats rwandais déployés dans la province de Cabo Delgado. L’origine de la discorde
Le financement actuel du déploiement, soutenu en partie par l’Union européenne (UE), arrive à échéance en mai 2026. Face à cette incertitude, le Rwanda a formulé des exigences claires. Kigali menace de retirer ses troupes si un financement durable et prévisible n’est pas garanti d’ici l’échéance de mai.
Le gouvernement rwandais affirme que sa contribution dépasse largement les aides internationales reçues (le soutien de l’UE ne couvrirait que moins d’un cinquième des coûts réels) et attend du Mozambique une contribution directe plus importante.Les autorités mozambicaines ont récemment manifesté leur refus de prendre en charge le paiement des soldats rwandais, créant un blocage diplomatique.

L’impasse actuelle résulte de plusieurs facteurs convergents :

  1. Dette de 22 millions de dollars

Le 15 avril 2026, le gouvernement du président mozambicain Daniel Chapo devait au Rwanda plus de 22 millions de dollars. Cette dette découle d’un accord bilatéral confidentiel en vertu duquel Maputo s’engage à verser environ 2 millions de dollars par mois.
Les Forces de défense rwandaises (RDF) estiment que leurs coûts de déploiement réels sont nettement supérieurs, oscillant entre 10 et 20 millions de dollars par mois.

2.Expiration du financement de l’UE

L’Union européenne a officiellement confirmé qu’elle ne renouvellera pas son soutien financier, d’un montant total d’environ 46 millions d’euros, à l’expiration du programme actuel en mai 2026.En mars 2026, le Trésor américain a imposé des sanctions au RDF en raison de son rôle présumé en République démocratique du Congo (RDC). Le refus de l’UE de renouveler le financement est principalement motivé par la crainte de sanctions secondaires et par l’opposition politique interne d’États membres comme la Belgique et la France.

3.Menaces de retrait rwandais et risques sécuritaires

Le ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a déclaré que le Rwanda est « prêt à quitter le Mozambique » si son travail n’est pas reconnu à sa juste valeur et si un financement durable n’est pas garanti. Un retrait créerait un vide sécuritaire autour des plateformes énergétiques essentielles, notamment le projet de GNL de TotalEnergies (20 milliards de dollars) et les opérations d’ExxonMobil, qui dépendent fortement de la présence de plus de 4 000 soldats rwandais pour leur protection.
Notons que le président mozambicain, Chapo, s’est récemment rendu à Bruxelles pour plaider en faveur du maintien de l’aide, l’UE reste ferme sur sa stratégie de retrait.

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