Un accord humanitaire et une libération de 300 prisonniers conclus avec le M23 en Suisse

À l’issue de négociations menées à Montreux sous médiation qatarie, le gouvernement congolais et la rébellion du M23 se sont engagés à faciliter l’accès aux secours dans l’est du pays et à libérer des détenus sous dix jours.

Un nouveau pas, essentiellement humanitaire, a été franchi dans le conflit qui déchire l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon un communiqué conjoint publié ce dimanche 19 avril, Kinshasa et le mouvement rebelle M23 (regroupé au sein de l’Alliance Fleuve Congo – AFC) sont parvenus à un compromis après cinq jours de discussions intensives en Suisse, du 13 au 17 avril.

Un calendrier de dix jours pour les prisonniers

L’un des points majeurs de cette entente est l’engagement mutuel à libérer des prisonniers dans un délai de dix jours. Cette mesure, qualifiée de geste de bonne volonté, vise à « renforcer la confiance » entre les belligérants.

Parallèlement, les deux parties ont réaffirmé l’urgence de garantir la sécurité des convois humanitaires. Elles se sont engagées à respecter le droit international et à ne plus entraver la distribution de l’aide vitale aux populations civiles, particulièrement touchées par les combats qui durent depuis plus de trois ans.

Une médiation internationale

Ces pourparlers de Montreux ont bénéficié d’un encadrement diplomatique important. Outre le Qatar, qui a agi comme intermédiaire principal, des représentants des États-Unis, de la Suisse, du Togo et de l’Union africaine étaient présents.

Au-delà de l’aspect humanitaire, un protocole d’accord a été signé pour mettre en œuvre des mécanismes concrets de vérification du cessez-le-feu. Si un accord de paix avait déjà été entériné en décembre dernier sous l’égide de Washington, celui-ci n’avait pas suffi à faire taire les armes.

Un contexte de crise persistante

Pour rappel, le M23 a repris les armes fin 2021, s’emparant de larges secteurs de l’est de la RDC. Kinshasa, ainsi que plusieurs rapports d’experts de l’ONU, accusent le Rwanda de soutenir militairement cette rébellion, ce que Kigali continue de nier. Ce nouvel accord en Suisse représente une lueur d’espoir pour l’accès aux soins et à la nourriture dans une région meurtrie par trois décennies de violences.

Avec LeMonde

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