Après une longue période de retrait, les États-Unis opèrent un retour stratégique en République démocratique du Congo (RDC). L’objectif est clair : briser l’hégémonie de la Chine sur les métaux critiques, essentiels à la transition technologique mondiale.
L’offensive américaine sur le « Trésor du Monde »
Longtemps dissuadées par l’instabilité et la corruption, les entreprises américaines changent de doctrine. Sous l’impulsion de l’administration Trump, la quête de souveraineté minérale prime désormais sur la gestion des risques :
* L’arrivée de KoBold Metals : Cette entreprise, soutenue par de grands noms de la tech, a obtenu en août 2025 un permis d’exploration pour le lithium, une première en dix ans pour une société américaine.
* Partenariats stratégiques : Début décembre 2025, la société suisse Mercuria s’est alliée à la Gécamines (RDC) dans un projet d’un milliard de dollars, signalant un regain d’intérêt occidental massif.
* Le pragmatisme de Washington : À l’image de l’accord « aide militaire contre minerais » signé avec l’Ukraine au printemps 2025, les États-Unis privilégient désormais un accès direct aux ressources stratégiques (cobalt, lithium, cuivre).
Le « Grand Jeu » diplomatique : Les Accords de Washington
Pour contrer la Chine, qui contrôlait encore 80 % de la production minière congolaise début 2025, Donald Trump a orchestré un coup diplomatique majeur : les accords de Washington (juin 2025).
> Le deal : Les États-Unis s’engagent à stabiliser la région et à servir de médiateurs entre la RDC et le Rwanda (accusé de soutenir le M23). En échange, Kinshasa garantit aux investisseurs américains un accès prioritaire à une « réserve d’actifs stratégiques », incluant les gisements cruciaux de Rubaya.
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Des obstacles persistants : Entre guerre et corruption
Malgré ces ambitions, le terrain reste extrêmement complexe. Le déploiement industriel se heurte à des réalités locales brutales :
* Le contrôle rebelle : Plusieurs sites clés, dont la mine de Rubaya (fournisseur majeur de coltan), sont toujours aux mains du M23, rendant les promesses de paix fragiles.
* L’insécurité juridique : Plus de la moitié des firmes étrangères ont connu des litiges avec l’État congolais depuis 2002.
* La corruption systémique : L’exemple de Glencore, condamné par le passé pour des pots-de-vin, rappelle que l’obtention de permis reste un parcours semé d’embûches éthiques et financières.
Si les États-Unis affichent une volonté de fer pour sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement, la réalité du terrain en RDC — où le profit semble primer sur la résolution durable des conflits — laisse planer un doute sur la viabilité de ces accords à long terme.
Avec Slate